Bruxelles, 18/11/2011 (Agence Europe) - Les nouveaux premiers ministres de la Grèce et de l'Italie seront à Bruxelles la semaine prochaine où ils s'entretiendront avec les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso.
Lundi, le Premier ministre grec Lucas Papademos, qui a obtenu le soutien du parlement national, réitérera l'engagement de son pays à respecter l'accord sur un 2ème sauvetage de la Grèce marqué fin octobre lors du Sommet de l'Eurozone (EUROPE n° 10483). Présenté vendredi 18 novembre, le projet de budget grec pour 2012 prévoit un déficit budgétaire équivalent à 6,7% du PIB national, sans que soit pris en compte le plan de réduction de la dette publique qui aura un impact positif sur le paiement des intérêts de la dette. La Grèce devrait atteindre un budget primaire excédentaire de 1,1%. En revanche, en 2011, le déficit public s'élèvera à 9% du PIB, un niveau supérieur à l'objectif de 7,5% fixé dans le programme grec. L'Eurogroupe réclame déjà des mesures additionnelles pour 2013 et 2014.
Les Européens insisteront sur la nécessité pour la classe politique grecque de soutenir, par écrit, l'accord européen du 26 octobre. Une manière de s'assurer que, quelle que soit l'issue de futures élections, cet accord sera appliqué. C'est aussi la condition sine qua non au versement de la part européenne de la tranche d'aide financière de 8 milliards d'euros, sans laquelle la Grèce ferait défaut mi-décembre. Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker l'a rappelé cette semaine au Parlement européen. « Les partis politiques grecs doivent choisir, par écrit, de manière claire et sans équivoque: sont-ils avec nous, ou pas ? Nous n'avons plus le luxe d'être patients », s'est impatienté vendredi le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager. Mais le leader du parti conservateur 'Nouvelle Démocratie' Antonis Samaras refuse d'obtempérer.
Italie. Mardi, le Premier ministre italien Mario Monti, qui a obtenu vendredi la confiance du parlement italien, présentera aux dirigeants européens son plan visant à réduire graduellement la dette publique italienne de 1 900 milliards d'euros, soit 120% du PIB national. Ce plan repose sur le triptyque suivant: rigueur financière, croissance économique et équité sociale. Sont prévues des mesures telles que des privatisations, une réforme des retraites et du marché du travail, la réduction de la taille de l'État et des coûts de la classe politique, la lutte contre l'économie parallèle. M. Monti, qui refuse que son pays soit « le maillon faible » de la zone euro, rencontrera aussi la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, lors d'un mini-sommet. M. Sarkozy avait un temps envisagé de se rendre à Rome en compagnie de Mme Merkel pour soutenir le nouveau Premier ministre italien, mais cette idée a ensuite été abandonnée. (MB)