Bruxelles, 18/11/2011 (Agence Europe) - Pour tirer pleinement profit de l'ouverture commerciale de l'UE et de la Turquie, dont les échanges bilatéraux de marchandises et les flux d'investissement sont en essor, le commissaire De Gucht veut faire progresser le mécanisme d'union douanière, en vigueur depuis le 31 décembre 1995, mais limitée à l'heure actuelle aux seules marchandises.
L'UE est de loin le plus grand marché pour la Turquie, absorbant 46% de se exportations de biens, et elle est à la source de 80% des investissements directs étrangers en Turquie (13 500 entreprises y opérant avec des capitaux européens), tandis que la Turquie est devenue le 7ème partenaire commercial des Vingt-sept, s'est félicité Karel De Gucht, lors d'une conférence de la confédération turque des entreprises et de l'industrie, le 17 novembre à Istanbul. Les investisseurs de l'UE ont investi dans des secteurs dépassant le seul commerce des marchandises, de sorte qu'ils participent à presque tous les secteurs de l'économie turque, des machines aux énergies renouvelables, des services d'assurance au commerce de détail, mais c'est aussi de plus en plus le cas dans l'autre sens, a poursuivi le commissaire au Commerce, faisant notamment référence à la récente prise de contrôle par un groupe d'entreprises turques du constructeur français de véhicule électrique Tilter. « Pourtant, il y a un large potentiel inexploité », a estimé M. De Gucht, qui veut tirer avantage de l'ouverture commerciale de deux économies « loin d'être défensives » en la matière, pour faire progresser l'union douanière qui régit leurs échanges de plus en plus équilibrés. « Nous avons besoin d'un régime commercial qui convient à notre réalité économique quotidienne, pour favoriser, plutôt que faire obstacle, à nos opportunités futures. Dans le contexte de l'Union douanière UE/Turquie, cela signifie que nous devons trouver des solutions réalistes aux pommes de discorde commerciales qui menacent de rendre nos discussions plus aigres », a insisté le commissaire. L'exécutif européen aimerait améliorer et faire progresser le mécanisme d'union douanière, entrée en vigueur le 31 décembre 1995, mais limitée depuis lors aux seules marchandises, les discussions sur son extension aux services et aux marchés publics étant gelées depuis 2002. Dans une opération de séduction du monde des affaires turc, le commissaire De Gucht a salué les ambitions de la Turquie au Moyen-Orient, en Asie et en Méditerranée. « Je ne vois pas cela comme une menace, plutôt comme une opportunité pour les partenaires de l'UE, les exportations turques faisant souvent appel aux exportations et à l'investissement de l'UE. Et si la Turquie renforce ses liens économiques avec les nouveaux régimes démocratiques établis dans la région Méditerranée, nous ne pouvons que nous en réjouir », a-t-il insisté.
En 2010, l'UE a importé pour 42 milliards d'euros de biens et services et provenance de Turquie, principalement des machines et équipements de transport, mais aussi des produits textiles. Ses exportations de biens et services - principalement des machines, du matériel de transport, des produits chimiques et produits manufacturés - vers la Turquie ont atteint 61 milliards d'euros la même année. En outre, entre 2008 et 2010, les investissements directs étrangers (IDE) de la Turquie dans l'UE ont atteint 2,1 milliards d'euros, tandis que les flux d'IDE de l'UE vers la Turquie se sont élevés à 14,7 milliards d'euros. (EH)