Bruxelles, 18/11/2011 (Agence Europe) - Favoriser la migration légale dans l'UE, notamment pour combler les manques de main d'œuvre, tout en s'assurant d'une gestion efficace de l'immigration irrégulière. C'est ce qu'a proposé vendredi 18 novembre la Commission européenne en présentant sa nouvelle 'Approche globale pour la migration et la mobilité', soit son cadre de coopération avec les pays-tiers, qu'il s'agisse de l'Afrique, des pays européens voisins de l'UE, des pays candidats ou d'autres partenaires.
Renouvelant une approche précédente datant de 2005, la Commission va ainsi lancer des 'partenariats de mobilité' avec plusieurs pays, à commencer par la Tunisie, le Maroc ou l'Égypte. La Libye sera concernée dès que les conditions sur place le permettront, a dit la commissaire Cecilia Malmström. Ces partenariats consisteront à négocier une facilitation de visas pour certaines catégories de population (travailleurs, étudiants, chercheurs…), en échange d'un engagement strict des pays-tiers à gérer les flux de migrants irréguliers, via la négociation d'accords de réadmission.
La Commission a déjà récemment lancé un partenariat de ce type avec l'Arménie et, aux pays qui ne seront pas encore en capacité de négocier un tel instrument, la Commission proposera de travailler sur « des programmes communs de migration et mobilité », plateforme de dialogue qui approfondira tous ces thèmes. À ce jour, la Commission a déjà lancé 4 partenariats pour la mobilité, avec la Moldavie et le Cap-Vert en 2008 et la Géorgie en 2009, indiquait-elle fin octobre mais, étant non contraignants, ces 'partenariats' nécessitent ensuite un mandat du Conseil, autorisant la Commission à négocier ces accords 'visas' et 'réadmission'.
Concrètement, la Commission espère, avec ces outils, convaincre les États membres d'ouvrir leurs canaux de migration légale, alors que plusieurs d'entre eux n'ont pas caché ces derniers mois vouloir revoir à la baisse leurs quotas de travailleurs étrangers, comme la le Royaume-Uni ou la France. Notant que les États membres auront besoin « d'au moins 2 millions de nouveaux travailleurs dans les trois ou quatre prochaines années », uniquement dans le secteur de la santé, la commissaire suédoise attend donc un geste d'ouverture des 27, consciente néanmoins que « ce sont eux qui décident de qui vient travailler chez eux », a-t-elle dit, la Commission n'ayant aucun pouvoir sur ce volet. Mais les « États membres doivent reconnaître les besoins » auxquels ils vont faire face, a encore estimé Mme Malmström.
Dans sa communication, la Commission entend donc favoriser cette nouvelle migration légale en bonne intelligence, en mettant notamment en place dans les pays tiers des « centres de ressources sur la migration et la mobilité » qui permettront aux candidats de se renseigner sur les secteurs de travail européens en pénurie par exemple ou qui les informeront très clairement sur les procédures de migration et leurs obligations de retour dans leur pays d'origine.
Sur place toujours, la Commission veut également mettre l'accent sur le renforcement des systèmes d'asile et de protection des migrants (une dimension nouvelle par rapport à 2005, indique la Commission) et, dans le domaine du développement, continuera de financer des programmes de protection régionale des réfugiés dans ces pays-tiers.
Cette nouvelle approche reprend largement les principes qui avaient déjà été énoncés en mars et mai derniers dans des textes consacrés au 'partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée avec le sud de la Méditerranée' ainsi que sur le 'dialogue sur les migrations, la mobilité et la sécurité', inspirés des révoltes arabes à l'époque. La nouvelle communication du 18 novembre sera discutée en décembre à Bruxelles par les ministres européen de l'Intérieur. (SP)