Bruxelles, 08/11/2011 (Agence Europe) - L'arrivée de la mission de la Commission européenne destinée à fournir une évaluation détaillée de la mise en œuvre des mesures budgétaires et des réformes structurelles italiennes est annoncée pour ce mercredi, alors que le gouvernement italien a pour la première fois perdu sa majorité au parlement national. Nos experts débuteront leur mission technique « mercredi », a indiqué le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, mardi 8 novembre à l'issue du Conseil ÉCOFIN. « De notre point de vue, le plus tôt sera le mieux » quel que soit le gouvernement actuel et futur, a-t-il ajouté, en jugeant « extrêmement préoccupante la situation économique et financière » en Italie. Le commissaire a demandé aux autorités italiennes de répondre « d'ici à la fin de la semaine » au questionnaire sur la façon dont l'Italie entend respecter ses engagements économiques et budgétaires, conformément à la décision du dernier sommet de l'Eurozone de mettre en place « une surveillance intensifiée » (EUROPE n°10483).
L'Eurogroupe s'attend à ce que le gouvernement italien mette en œuvre toutes les mesures adoptées, notamment celles réformant le marché du travail et le système des retraites. Contrairement à la Grèce (voir autre nouvelle), il ne réclame pas l'unité politique en Italie autour des engagements pris à l'échelon européen.
« L'Italie ne fait pas l'objet d'un programme », a justifié son président Jean-Claude Juncker.
Outre la surveillance accrue qu'exercera la Commission, le FMI enverra tous les trois mois ses propres inspecteurs afin de suivre l'évolution de l'application des réformes en Italie. Cette décision a été prise sous la pression des Européens au nom de « la crédibilité » de la zone euro, lors du Sommet du G20 à Cannes (EUROPE n°10489). Elle constitue un camouflet pour le Premier ministre italien Silvio Berlusconi de plus en plus isolé. L'incertitude politique en Italie a entraîné une envolée des coûts de refinancement de la dette italienne.
Rome s'est fixé comme objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire d'ici 2013 et de ramener la dette publique brute à 113 % du PIB national en 2014. Sera introduit d'ici mi-2012 dans la constitution italienne une 'règle d'or' relative à l'équilibre budgétaire. Sur le plan des réformes structurelles, elle prévoit de poursuivre la libéralisation des services publics et de réformer avant fin 2011 le droit du travail (règles de licenciement) et le système d'allocations de chômage. L'âge de la retraite sera aussi porté à 67 ans d'ici 2026. « L'Italie sait que, vu sa taille, elle ne peut pas espérer une aide extérieure. C'est la raison pour laquelle des efforts énormes sont faits en Italie », a déclaré lundi la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter. La capacité du fonds de sauvetage FESF est, à ce jour, insuffisante pour venir en aide à l'Italie qui croule sous une dette 1900 milliards d'euros. (MB)