Bruxelles, 08/11/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro demandent aux principaux partis politiques grecs de s'engager, par écrit, à soutenir les objectifs du programme de sauvetage et la réponse globale à la crise de la dette souveraine scellée fin octobre lors du sommet de l'Eurozone (EUROPE n°10483). « Nous voulons une lettre signée par les deux principaux partis réaffirmant l'engagement du pays », a déclaré Jean-Claude Juncker, lundi 7 novembre au soir. Selon le président de l'Eurogroupe, cette requête équivaut aux demandes d'unité nationale qui avaient été formulées dans les cas portugais et irlandais. Il est « horriblement difficile » d'expliquer aux contribuables allemands, néerlandais, finlandais qu'ils doivent faire preuve de solidarité si la classe politique grecque ne se met pas d'accord sur la façon de sauver le pays, a-t-il considéré. Pour le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn, le plan grec correspond à « une rue à double sens »: l'Eurozone veut aider la Grèce si la Grèce prend ses responsabilités. « L'Eurogroupe a accueilli chaleureusement les récentes évolutions politiques en Grèce, particulièrement la décision des deux plus importants partis politiques de soutenir un gouvernement dont la mission sera d'appliquer la décision des 26/27 octobre », a déclaré le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos, dans un communiqué. Il devrait jouer un rôle important dans le gouvernement de coalition en cours de formation en Grèce.
L'engagement écrit des autorités grecques est la condition sine qua non au versement de la part européenne de la tranche d'aide (8 milliards d'euros au total) sans laquelle la Grèce se retrouvera, mi-décembre, en situation de défaut de paiement. « La 6ème tranche peut être déboursée courant novembre sous réserve d'un engagement sans équivoque du nouveau gouvernement », a confirmé M. Rehn. Lorsque la classe politique grecque aura repris à son compte l'accord européen du 27 octobre, l'Eurogroupe se réunira pour débloquer l'aide financière, vraisemblablement par vidéoconférence, et avant la prochaine réunion programmée pour fin novembre. Une réunion supplémentaire des ministres des Finances devrait avoir lieu en décembre.
Une fois la formation du gouvernement grec finalisé, la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE) retournera à Athènes pour lancer les discussions relatives au 2ème plan de sauvetage de la Grèce qui prévoit une aide publique de 130 milliards d'euros et la participation 'volontaire' du secteur privé à hauteur de 100 milliards d'euros (décote de 50% sur la dette grecque). M. Rehn a reconnu que la situation économique en Grèce était aujourd'hui « pire qu'avant ». Il a aussi espéré que le futur gouvernement sera « plus sérieux en matière de lutte contre l'évasion fiscale », « une maladie grave » qui gangrène le pays. (MB)