Bruxelles, 25/10/2011 (Agence Europe) - Signe d'une vigilance accrue au service de la sûreté alimentaire, en 2010 le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux a fonctionné à plein régime (RASFF). 8582 notifications ont été faites dans ce cadre, soit 8% de plus que l'année précédente (près de 8000 en 2009). Un record jamais égalé par ce mécanisme qui permet un échange rapide d'informations entre les État membres de l'UE et la Commission européenne dès qu'un risque pour la santé humaine est détecté dans la chaîne alimentaire ou animale.
Les résultats livrés par le rapport annuel 2010 sur le RASFF publié mardi 25 octobre confirment la hausse des notifications pour la troisième année consécutive. Et le record pour l'année 2010 reflète la hausse des notifications portant sur des produits refoulés à leur entrée dans l'Union européenne, consécutive au renforcement du contrôle des denrées alimentaires d'origine non animale au titre du règlement 669/2009 (concernant les contrôles officiels renforcés à l'importation de certains aliments pour animaux et certaines denrées alimentaires d'origine non animale). La Commission y voit le signe d'une efficacité toujours accrue du système, qui, de crise alimentaire en législation renforcée, porte ses fruits mais demeure perfectible. En témoignent les propositions réglementaires qui viennent d'être approuvées par les experts des Etats membres pour tirer les leçons de la crise des œufs et de la viande contaminés à la dioxine en Allemagne fin 2010/début 2011 (EUROPE n°10479)
Satisfait de l'efficacité confirmée du RASFF, John Dalli, commissaire à la Santé et à la protection des consommateurs, juge qu'il ne faut pas se reposer sur ses lauriers: « La crise récente de la bactérie E.Coli l'a montré: il faut que les informations nécessaires soient diffusées rapidement afin que les autorités puissent retirer les produits dangereux du marché dès que ceux-ci ont été identifiés. Bien entendu des améliorations sont toujours possibles. Des enseignements seront donc tirés de la crise de l'E.Coli, pour nous aider à perfectionner le fonctionnement de notre système d'alerte et d'intervention.», commente-t-il, dans un communiqué.
Sur les 8582 notifications à porter au bilan 2010 du RASFF, 576 étaient des notifications d'alerte pour des risques graves associés à des produits sur le marché (contre 557 en 2009), 1168 des notifications d'informations envoyées lorsqu'un risque a été détecté mais qu'une action immédiate de la part des États membres n'est pas nécessaire (contre 1191 en 2009), et 1552 des notifications de refus à la frontière de produits qui ont été soit orientés vers une autre destination, soit détruits (contre 1456 en 2009).
Les deux tiers des notifications d'alerte concernaient des produits originaires de l'UE et les risques le plus souvent signalés portaient sur la présence de micro-organismes pathogènes, de métaux lourds, de substances allergènes et de mycotoxines. 52% des notifications d'information concernaient des produits en provenance de pays tiers et portaient le plus souvent sur la présence de micro-organismes pathogènes, de résidus de pesticides et de métaux lourds et sur le non-respect des règles applicables aux additifs alimentaires.
34% des refus aux frontières ont été opposés à des produits dont la teneur en mycotoxines était trop élevée. Le deuxième motif de refus le plus fréquent était la présence de résidus de pesticides excédant les valeurs limites fixées par la législation européenne.
Le RASFF met en réseau les 27 États membres de l'UE, la Commission, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, (l'EFSA), l'Autorité de surveillance AELE, la Norvège, le Liechtenstein, l'Islande et la Suisse. (AN)