Bruxelles, 30/09/2011 (Agence Europe) - Une enveloppe de 157 millions d'euros pour aider la Tunisie à relancer son économie et à accompagner sa transition vers un avenir démocratique a été décidée mercredi 28 septembre. Des conventions ont été signées pour favoriser la relance économique (100 millions d'euros), la réforme du secteur de l'eau (57 millions d'euros) et le soutien à la société civile.
La première réunion de la task-force conjointe UE-Tunisie a eu lieu mercredi 28 septembre à Tunis, co-présidée par la chef de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton et le Premier ministre tunisien Béji Caid Essebsi. Le commissaire à l'Élargissement Stefan Füle et Bernardino Léon, représentant spécial de l'UE pour la Méditerranée, participaient également à cette session aux côtés de nombreuses personnalités représentant des bailleurs de fonds dont le vice-président de la Banque mondiale, le président de la BAD, Banque africaine de développement, de la Banque islamique et du monde économique.
« La Tunisie, pionnière de la transition démocratique dans le monde arabe, est appelée à jouer un rôle stratégique majeur dans le voisinage de l'UE », était-il affirmé dans les conclusions finales.
Au total, la Tunisie aura reçu une assistance de près de 4 milliards d'euros (2011-2013) dont un programme d'appui aux zones défavorisées (20 millions d'euros) dont le démarrage vient d'être annoncé. D'autres fonds seraient disponibles au titre du programme SPRING (Support for Partnership, Reform and Inclusive Growth) dont la Tunisie sera le premier bénéficiaire. La Banque européenne d'investissement (BEI) a confirmé son engagement à accélérer la mise en œuvre du projet de 130 millions d'euros en soutien au développement des petites et moyennes entreprises. Des prêts de la Banque mondiale (USD 500 millions), la Banque africaine de développement (USD 500 millions) et l'Agence française de développement (185 millions d'euros) ont été annoncés dans la foulée. La BERD, à laquelle la Tunisie va adhérer, annonce aussi, de son côté, qu'elle va définir, d'ici la fin de l'année, des appuis financiers à des projets. « Pour accélérer les interventions de la BERD en Tunisie, notamment en faveur des PME et pour la préparation des projets d'infrastructure, la Commission européenne a annoncé une contribution à hauteur de 20 millions d'euros aux fonds de coopération de la BERD », indique un communiqué.
Des négociations formelles vont débuter dès vendredi 30 septembre pour un nouveau « Partenariat privilégié » et il a été convenu de « relancer les négociations pour libéraliser le commerce de produits agricoles pour un accord de libre-échange profond et complet, une fois que le Conseil de l'UE en aura défini le mandat ». Les deux parties vont aussi reprendre les négociations sur les services auxquelles la Tunisie tentait de se dérober ne voyant pas l'intérêt d'aller plus loin que les concessions à l'OMC. Il a par ailleurs été décidé d'octroyer aux Tunisiens des « opportunités de travailler, d'étudier et de voyager en Europe ». L'UE indique dans son communiqué qu'elle « va initier avec la Tunisie les discussions en vue d'un Partenariat pour la mobilité, les premières du genre avec un pays du sud de la Méditerranée ». Enfin, une session du Comité d'association UE-Tunisie (niveau technique, moindre que le Conseil d'association) se réunira pour assurer le suivi des recommandations de la Task Force avant une deuxième session de celle-ci, « au cours du premier semestre 2012 ».
L'UE indique également qu'elle mettra en place une « équipe de soutien à la restitution des fonds, constituée d'experts basés à Tunis et à Bruxelles, afin de faciliter l'échange d'informations avec les États membres et la Tunisie sur les biens illégalement expatriés par l'ancien régime ». La récupération des avoirs détournés par l'ancien président et ses proches a été un des principaux sujets abordés au cours de la séance à laquelle assistait la présidente de la Confédération helvétique, Micheline Calmy-Rey. Son pays n'a pas répondu à une première demande tunisienne de restitution des fonds et en appelle à une décision de l'ONU.
Mme Ashton ravie. « Je suis ravie de dire que la première réunion de la Task Force UE-Tunisie a été un grand succès », a déclaré Catherine Ashton. « Une Tunisie nouvelle se dessine, ouverte, dynamique, prospère et démocratique. C'est un exemple pour toute la région. Pourtant, je sais que les Tunisiens attendent des changements encore plus rapides, en particulier dans le domaine économique. Et si ce processus doit bien sûr être dirigé par les Tunisiens eux-mêmes, l'UE s'est engagée à faire tout son possible pour aider. La Tunisie a un immense potentiel, des gens qualifiés et de grandes opportunités. Mais il est essentiel que les investissements reviennent. » (FB)