Varsovie, 30/09/2011 (Agence Europe) - Lors du deuxième Sommet du Partenariat oriental, jeudi 29 et vendredi 30 septembre à Varsovie, le voisinage à l'Est de l'Europe fut au cœur des attentions. « Il y a deux objectifs principaux qui se détachent de ce Partenariat. Les États membres et les États partenaires doivent lutter contre une fatigue mutuelle. L'Europe est fatiguée de ses voisins, et les partenaires sont fatigués de la tournure que prend le processus d'adhésion », explique Adam Eberhardt, directeur du Centre polonais pour les études orientales, régulièrement consulté par la présidence polonaise. Le second objectif de ce Sommet doit être « l'équilibre de la politique de voisinage de l'Union ».
La politique de voisinage est mise à rude épreuve avec le cas Ioula Timochenko, en Ukraine, et la dictature d'Alexandre Loukachenko, au Bélarus. « On ne doit pas espérer un réel changement au Bélarus », ajoute Adam Eberhardt, d'autant plus qu'il n'y a pas de réelle alternative au pouvoir en place: la société civile biélorusse est passive et Loukachenko a dissous l'opposition ». Et M. Eberhardt d'ajouter: « Si on commence à jouer un jeu géopolitique entre le Bélarus et la Russie, l'UE risque de perdre les deux. Car, pour Loukachenko, la Russie sera plus intéressante ».
Pour le premier président du Bélarus, Stanislav Shushkievich, opposant au régime en place, les négociations avec Loukachenko vont déjà trop loin: « L'UE s'organise pour assurer plus de démocratie au Bélarus mais, en même temps, dans le cadre du Partenariat oriental, elle négocie aussi avec Loukachenko », a-t-il dit à la presse.
Après l'Ukraine, la présidence polonaise espère signer des accords de libre-échange avec la Géorgie et la Moldavie. D'aucuns disent que la Moldavie n'est pas prête, « je pense qu'elle l'est », dit Adam Eberhardt. « L'un des principaux problèmes reste le conflit en Transnistrie où les frontières ne sont pas contrôlées », rappelle-t-il. L'expert relève un autre problème: les visas. « Il y a des discussions sur un régime sans visa avec la Russie. Mais on ne peut le donner ni aux Russes ni aux Moldaves à cause du conflit en Transnistrie ». (VW)