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Bulletin Quotidien Europe N° 10464
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/ukraine

Le cas Timochenko inquiète mais n'arrête pas l'accord de libre-échange

Varsovie, 30/09/2011 (Agence Europe) - Les Vingt-sept et leurs six partenaires orientaux se sont concentrés, lors du Sommet du Partenariat oriental qui s'est tenu à Varsovie les 29 et 30 septembre, sur l'Accord de libre-échange approfondi et global (ALEAG) avec l'Ukraine. Un partenariat économique qui aura eu raison du cas Ioulia Timochenko.

La présidence polonaise s'est félicitée de la signature de cet accord avec l'Ukraine. « Nous sommes arrivés à un accord », s'est réjoui le Premier ministre polonais Donald Tusk. Ce à quoi le président ukrainien Viktor Yanukovich a répondu: « Le processus est lancé. Il nous reste maintenant à préparer notre économie au marché européen. Ça a d'ailleurs déjà commencé. À Sopot (en Pologne) s'est tenu un forum des affaires entre l'UE et l'Ukraine ». L'Ukraine espère signer en décembre, au cours d'un sommet avec l'UE, l'accord de libre-échange. Kiev compte beaucoup sur les retombées économiques et politiques de cet accord d'association. Il est en outre « envisagé » que des négociations en ce sens « puissent débuter d'ici la fin de l'année » avec la Géorgie et la Moldavie, « à condition que des progrès suffisants aient été réalisés concernant un certain nombre de recommandations » qui leur ont été faites, précise Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen.

Pour l'Ukrainien Viktor Yanukovich, le prochain processus à mettre en place, maintenant, est celui de l'intégration de l'Ukraine à l'Union européenne. Une position partagée notamment par la Pologne et la Hongrie. Ainsi Donald Tusk a déclaré vouloir travailler main dans la main avec les Ukrainiens pour voir le pays bientôt membre de l'UE. « La mission de la Pologne est de travailler à l'élargissement vers l'Est. Ça n'arrivera pas la nuit prochaine, mais quelqu'un doit s'en occuper. Et c'est le rôle de la Pologne », a précisé le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Dans ce débat, le cas Timochenko pose problème. Selon Stefan Füle, commissaire européen en charge de l'élargissement et de la politique de voisinage, « il n'existe pas de limites à l'intégration potentielle de l'Ukraine à l'UE. Mais le procès politique contre les dirigeants de l'opposition risque de mettre un frein aux perspectives européennes du pays ». Pression confirmée par Herman Van Rompuy, président du Conseil européen: « C'est une affaire grave qui pourrait influencer les négociations commerciales avec Kiev. Nous avons exprimé notre inquiétude au sujet du sort réservé à l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko et nous avons rejeté toute éventuelle utilisation sélective du code pénal à l'encontre des membres de l'ancienne administration ukrainienne ». Le président du Conseil européen a confirmé que la question avait été abordée avec le président ukrainien à plusieurs reprises ; au dîner, en session plénière et lors de la rencontre bilatérale, au cours de ces deux jours de Sommet à Varsovie.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a tempéré: « Nous avons relevé certains signaux de bonne volonté de la part des autorités ukrainiennes dans ce dossier. Il nous reste aujourd'hui à observer comment la situation évolue ».

Alors que la Pologne et d'autres États membres, en Europe de l'Est et au Royaume-Uni notamment, voient dans le Partenariat une possibilité d'intégration des États partenaires, d'autres pays expriment leur total désaccord. La France en particulier, mais aussi l'Allemagne sont très réticentes à l'idée d'élargir les frontières à l'Ukraine. « Je comprends leur attente (d'adhésion) mais il serait contre-productif de lancer maintenant le débat sur la forme finale des liens que doivent prendre les relations entre l'Ukraine et l'Union européenne d'autre part », a déclaré le Premier ministre français François Fillon, cité par un membre de son entourage. Le ministre français des Affaires européennes, Jean Leonetti, a ajouté: « Les partenariats ne sont pas des étapes vers l'intégration de l'Union européenne. Ne laissons pas croire à ces pays des choses qui ne seraient pas vraies et qui pourraient les décevoir. Comme ça a été le cas avec la Turquie ». (VW)

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