Bruxelles, 30/09/2011 (Agence Europe) - Tandis que le Parlement européen est appelé à donner son aval, l'an prochain, à l'accord bilatéral de libre-échange avec la Colombie, conclu en mars 2010, les ONG de défense des droits de l'Homme, relayées au Parlement par le groupe S&D, les Verts/ALE et la GUE/NGL, continuent de dénoncer les meurtres de syndicalistes en Colombie, où sont assassinés 70% des syndicalistes tués dans le monde. Le commissaire De Gucht voit de son côté des efforts de la part du gouvernement du président Juan Manuel Santos pour faire progresser la cause des droits de l'Homme dans le pays. Et rappelle que l'accord sera automatiquement suspendu en cas de violation des droits de l'Homme avérée en Colombie.
La session de questions à la Commission européenne 'nouvelle formule', mardi 27 septembre à Strasbourg, a donné l'occasion à Karel De Gucht de répondre aux préoccupations de certains députés sur les assassinats de syndicalistes en Colombie, et plus généralement sur la situation des droits de l'Homme dans le pays andin. « Je suis convaincu que cet accord peut aider à stabiliser la paix en Colombie, et avec le progrès économique qui en découlera, il apportera une contribution positive. Je sais qu'il existe des problèmes avec les droits humains. Mais le respect des droits de l'Homme constitue un élément essentiel de l'accord. Et si nous constatons qu'ils sont violés de façon systématique, nous pourrons automatiquement suspendre la mise en œuvre de l'accord, sans justification supplémentaire », a rétorqué le commissaire, averti par le Néerlandais Thijs Berman (S&D) que le Parlement exigera des garanties sur la situation des droits de l'Homme et des syndicalistes en Colombie avant de ratifier l'accord. Karel De Gucht se montre même confiant quant aux progrès réalisés par les autorités colombiennes dans ce domaine. « De ce que j'ai vu avec le gouvernement (de l'ex-président Alvaro) Uribe, et de ce que je vois maintenant avec celui du président Santos, de réels efforts sont accomplis pour faire progresser la cause des droits de l'Homme. Je pense avoir suffisamment d'arguments pour défendre cette cause », a-t-il lancé face aux attaques de l'Irlandais Paul Murphy (GUE/NGL), qui l'avait auparavant interpellé: « Combien de meurtres supplémentaires de syndicalistes seront nécessaires pour que vous changiez d'attitude à l'égard de cet accord de libre-échange ? ». (EH)