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Bulletin Quotidien Europe N° 10462
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/partenariat oriental

Le cas Timochenko complique la donne

Varsovie, 28/09/2011 (Agence Europe) - Jeudi 29 et vendredi 30 septembre se tient le sommet du Partenariat oriental, à Varsovie. L'avenir des relations entre les 27 membres de l'UE et les six États partenaires sera au cœur des discussions. Le sommet accueillera les délégations des États membres, mais aussi de l'Ukraine, Moldavie, Géorgie, Azerbaïdjan, Arménie et, sous réserve, du Bélarus. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, co-organisent cette rencontre avec le Premier ministre polonais Donald Tusk.

Les discussions autour des six États partenaires ne seront pas de même nature. L'Union ne prévoit pas les mêmes traitements pour ces pays. Entraîné par la Pologne - instigatrice avec la Suède de ce Partenariat en 2009 - les 27 devraient boucler les négociations autour d'un accord avec l'Ukraine. Baptisé ALEAG, l'Accord de libre-échange approfondi et global est confronté à de multiples incertitudes. « La partie économique est acquise, il nous reste à travailler sur la coopération politique. La question des droits de l'Homme est toujours ouverte », avoue Jerzy Pomianowski, sous-secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères. À la mi-septembre, le commissaire européen responsable des relations avec les pays voisins de l'UE, Stefan Füle, avait conditionné la conclusion de cet accord à la remise en liberté de l'ex-Premier ministre ukrainienne, Ioula Timochenko. Hors l'annonce, mardi, d'une peine de sept ans de prison requise par le parquet ukrainien à son encontre, va sérieusement compliquer les négociations.

En matière de coopération économique, la présidence polonaise milite pour l'ouverture de deux autres ALEAG avec la Géorgie et la Moldavie. « Nous voulons ouvrir le programme existant à d'autres États, pas en créer un nouveau », précise le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Si la tendance à l'amélioration des situations politique et économique en Géorgie satisfait l'UE, les choses seront moins simples avec la Moldavie. Selon Adam Eberhardt, directeur du centre pour les études orientales, régulièrement consulté par la présidence polonaise sur le dossier du Partenariat: « La Moldavie n'est pas préparé à de tels accords. Le conflit en Transnistrie l'isole. Ce pays doit d'abord contrôler toutes ses frontières ». Ce que confirme à demi-mot le ministre polonais Radoslaw Sikorski, en affirmant que « le problème de la Transnistrie ne sera pas réglé lors de ce Sommet ».

L'autre dosser épineux de ce Partenariat oriental: le Bélarus. Alexandre Loukachenko étant persona non grata en Europe, il devrait être représenté par son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Martynov. « Nous avouons que pour le cas du Bélarus, le Partenariat ne fonctionne pas. Il nous faut trouver de nouveaux instruments de pression », confie le sous-secrétaire polonais Jerzy Pomianowski, en charge du Partenariat oriental. L'Union a déjà réclamé au président biélorusse la libération de tous les opposants politiques. « La transformation et la modernisation des pays postsoviétiques revêtent une importance de premier ordre pour la Pologne. Mais il est important pour l'UE aussi d'avoir un voisinage prospère », ajoute Andrzej Ciezkowski, conseiller du ministre polonais des Affaires étrangères.

Lors du Gymnich de Sopot, début septembre, la Pologne avait déclaré avoir de grandes ambitions pour ce Sommet de Varsovie. Il était, entre autres, question d'un élargissement de l'Union aux pays partenaires. Au grand dam de l'Allemagne et de la France qui avait souligné « qu'une Europe en crise ne peut pas supporter un nouvel élargissement ». À la veille du Sommet du Partenariat oriental, le ton a changé du côté des Polonais. Radoslaw Sikorski explique: « Le Partenariat est là pour organiser un espace commun. Pour permettre aux États partenaires de ressembler un peu plus aux États européens. L'élargissement de l'UE à ces États est possible mais il n'en est pas encore question pour le moment ». Des propos répétés par d'autres membres du ministère des Affaires étrangères. « Nous ne disons pas « non » à l'élargissement, mais nous ne disons pas « oui » non plus. L'Europe est en crise, ce n'est pas au programme », précise le sous-secrétaire Jerzy Pomianowski.

Optimiste, la Pologne veut néanmoins donner à ses voisins l'opportunité d'un partenariat constructif avec l'Union. Un dialogue européen qui a déjà fait ses preuves et pourrait améliorer l'avenir des pays partenaires: « La Pologne est un bon exemple de ce que ce genre de partenariat avec l'UE peut amener de bon, nous-mêmes nous étions considérés comme l'Est il y a 30 ans, aujourd'hui nous avons bougé géographiquement », conclut le ministre polonais des Affaires étrangères.

L'UE est préoccupée par le déroulement du procès Timochenko. Maja Kocijancic, la porte parole de la Haute représentante Catherine Ashton, a demandé que « l'État de droit soit respecté », tout comme le « respect d'un procès juste et équitable ». « Nous voulons éviter que des mesures judiciaires soient utilisées de manière discriminatoire. Nous allons insister pour que la plus grande transparence soit de mise dans l'enquête », a-t-elle ajouté. (VW)

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