Bruxelles, 28/09/2011 (Agence Europe) - Après les États-Unis, c'est au tour de la Chine de s'indigner que les compagnies aériennes desservant l'UE soient contraintes de contribuer à la lutte contre le changement climatique via le système d'échange de quotas d'émissions de l'UE (ETS). Imposer aux grands exploitants d'aéronefs de pays tiers l'obligation de payer 15% des quotas d'émissions de gaz à effet de serre qui leur seront alloués chaque année afin de réduire le niveau d'émissions de CO2 du secteur est dénoncé par Pékin comme une initiative unilatérale de l'UE. Les Chinois l'ont fait savoir au lendemain de la décision adoptée mardi par la Commission pour servir de base à l'allocation gratuite de quotas d'émissions en 2012, et chaque année de 2013 à 2020 (EUROPE n°10460).
« La Chine apprécie les efforts de l'Union européenne concernant le changement climatique mais s'oppose à l'application forcée par l'UE d'une législation unilatérale. Non seulement la Chine mais aussi de nombreux autres pays sont opposés à la façon de faire de l'Union européenne, a déclaré un porte-parole du ministre des Affaires étrangères de la Chine, cité le 28 septembre par l'AFP.
Parmi les autres parties qui protestent figurent l'association des transporteurs aériens des États-Unis qui a introduit un recours devant la Cour de justice de l'UE. L'affaire est pendante, mais l'avis de l'avocat général de la Cour, attendu le 6 octobre prochain, donnera une indication sur l'issue possible de ce différend.
Les ONG environnementales, elles, se réjouissent que l'aviation internationale, restée en marge de la lutte contre le changement climatique, doive bientôt commencer à payer pour la pollution qu'elle occasionne. Le WWF, par exemple, salue « un pas important vers la tarification de la pollution au carbone par le secteur ». Mais l'ONG fait observer que plus de 80% des quotas d'émission seront encore alloués à titre gracieux, et que les bénéfices environnementaux de la législation ETS seraient plus grands si les États membres réinvestissaient les recettes générées dans la lutte contre le changement climatique, dans l'UE mais aussi dans les pays en développement via le fonds vert pour le Climat. (AN)