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Bulletin Quotidien Europe N° 10462
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/euro

Barroso, un cadre unique de coopération économique

Bruxelles, 28/09/2011 (Agence Europe) - La situation est grave mais pas désespérée. Le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso a appelé toutes les forces politiques favorables au projet européen à se rassembler pour affronter « la crise économique, sociale et de confiance politique » la plus grave que traverse l'Europe actuellement, mercredi 28 septembre lors de son discours sur l'État de l'Union devant le Parlement européen. Selon lui, une intégration européenne supplémentaire n'est possible qu'à travers la méthode communautaire. Il a promis un « cadre unique et cohérent d'approfondissement de l'intégration de la coordination économique » qui s'appuiera sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance que les eurodéputés ont entérinée le même jour (voir autre nouvelle).

« La situation est grave mais l'Europe a un avenir », a estimé M. Barroso: l'Europe n'a pas répondu aux défis de la compétitivité, certains pays ont vécu au-dessus de leurs moyens, d'autres rechignent à faire preuve de solidarité. « Sommes-nous capables d'agir comme une union ? », s'est-il interrogé, flanqué d'un collège de commissaires au grand complet. Il a appelé à « un renouveau européen » pour sortir l'UE de la crise et basé sur la Déclaration de Berlin signée en mars 2007 à l'occasion du 50aire de la signature du Traité de Rome.

Grèce. Pour le président de la Commission, « la Grèce est et restera membre de l'Eurozone ». Si Athènes respecte totalement et dans les temps ses engagements économiques et budgétaires, l'aide financière continuera d'arriver. La Commission aidera le pays à absorber « 15 milliards d'euros » auxquels il peut prétendre à travers les fonds structurels. Un mécanisme visant à aider les banques grecques à octroyer du crédit est aussi à l'étude. Favorable à un fonds européen de sauvetage « plus flexible et plus fort », M. Barroso a indiqué que ses services évaluent les options permettant d'utiliser plus efficacement l'enveloppe financière disponible (440 milliards d'euros). Il a plaidé pour une accélération de l'entrée en vigueur du mécanisme permanent de stabilité financière (ESM), qui remplacera la Facilité EFSF. Une idée que l'Allemagne a elle-même déjà envisagée.

Gouvernance économique. Seules une intégration et une discipline accrues permettront à la zone euro d'être crédible, a estimé M. Barroso, qui propose de compléter l'union monétaire par une union économique. Dans les semaines à venir, la Commission proposera un cadre unique et cohérent de coopération économique qui intégrera le 'Pacte pour l'euro plus' signé par plus de vingt pays. La Commission devra être à la barre de ce processus. Responsable devant le PE, c'est elle « le gouvernement économique de l'Union », a-t-il lancé, convaincu que « nous n'avons pas besoin de nouvelles institutions ». L'hémicycle a apprécié.

Les propositions à venir respecteront les pays non membres de l'Eurozone et ne remettront pas en cause le marché unique. Une fois l'intégration et la discipline devenues réalité, l'émission commune de titres de dette souveraine deviendra « naturelle », a estimé M. Barroso. La Commission présentera d'ici fin 2011 différentes options dans ce domaine, certaines nécessitant une modification du traité. Selon l'ancien Premier ministre portugais, le renforcement de la gouvernance économique en Europe suppose aussi « un changement de traité ». Et de plaider pour la suppression de la contrainte de « l'unanimité » où l'État membre le plus lent dicte la vitesse de l'ensemble.

Le président de la Commission a listé différentes initiatives en cours et à venir qui doivent contribuer à une sortie de crise. Adoptée le jour même, la proposition de taxation des transactions financières est certainement la plus emblématique (voir autre nouvelle). Susceptible de collecter « 56 milliards d'euros » par an, elle imposera au secteur financier de contribuer aux coûts de la crise financière. Et, avec 29 textes proposés plus d'autres à venir sur la gestion de crise bancaire et les agences de rating, l'UE sera la 1ère juridiction du G 20 à avoir respecté l'engagement de réformer l'architecture financière internationale.

Réactions. Au nom du groupe PPE, le Français Joseph Daul a estimé que les mesures prises jusqu'à présent vont dans la bonne direction mais elles sont tardives, mal expliquées et marquées d'intergouvernementalisme. Il a plaidé pour « un big bang » en matière de convergence économique, fiscale et sociale où les taux d'imposition des entreprises, l'âge de la retraite et la durée hebdomadaire du travail seraient harmonisés. Inquiet pour les générations futures, le président des sociaux-démocrates l'Allemand Martin Schulz a fustigé la responsabilité de « la diplomatie des capitales » dans la gestion de la crise. Le libéral belge Guy Verhofstadt a exhorté M. Barroso à aller plus loin: mettez, mi-octobre, sur la table du Conseil européen un plan global qui prévoit la création d'un ministre européen des Finances en la personne du commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, ainsi qu'un plan de recapitalisation des banques européennes. Les peuples sont-ils prêts à plus d'intégration ?, a questionné le Tchèque Jan Zahradil, au nom des conservateurs: pas en République tchèque où « 75% » de la population est hostile à l'euro. Citant l'exemple de la Grèce où le taux de suicide a augmenté avec la crise de la dette, la co-présidente des Verts/ALE l'Allemande Rebecca Harms a estimé qu'il était impossible de miser uniquement sur des mesures d'austérité. Son compatriote de la GUE/NGL Lothar Bisky a espéré que l'UE, « une idée aussi de gauche », ne sera pas la victime des spéculateurs et n'entraînera pas de replis nationaux. « Ce n'est pas l'État de l'Union mais l'Union qui est dans un sale état ! », a ironisé Nigel Farage (EFD, britannique). Quant à Laurence J.A.J. Stassen (NI, néerlandaise), elle refuse que les Néerlandais vertueux paient la facture des Grecs qui ont fraudé. Les 'euro-obligations' sont la recette des crises suivantes, a-t-elle aussi considéré. (MB)

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