Bruxelles, 28/09/2011 (Agence Europe) - Grands barrages et développement durable ne font pas bon ménage, loin s'en faut. Suivant leur rapporteur Nirj Deva (ECR, Royaume-Uni), les députés européens ont souligné, le 27 septembre à Strasbourg, que les barrages qui altèrent radicalement les cours d'eau et l'utilisation des ressources naturelles ont des incidences majeures sur les collectivités humaines et sur les écosystèmes et la biodiversité des zones humides et fluviales. La résolution sur les infrastructures de barrage dans les pays en développement adoptée par le Parlement souscrit au constat de la Commission mondiale des barrages selon lequel les grands barrages ont non seulement échoué à atteindre les résultats escomptés pour la production d'électricité, l'approvisionnement en eau et la maîtrise des inondations, mais qu'ils ont en outre eu des conséquences sociales et environnementales très lourdes.
Le Parlement juge indispensable d'adopter une stratégie de prévention des inondations dans les régions où la présence de lacs glaciaires instables constitue une sérieuse menace de crues. Il déplore l'absence totale de mesures de prévention des inondations dans de nombreux PMA (pays les moins avancés) mais met en garde contre le recours aux grands barrages pour prévenir les dommages dus aux inondations, et ce d'autant que le changement climatique et les épisodes de précipitations extrêmes risquent d'accroître l'intensité et la fréquence des inondations éclair et de menacer ainsi la sécurité des barrages.
Le Parlement estime que tous les financements de l'UE doivent contribuer à promouvoir le développement durable et le renforcement de la sécurité alimentaire, conformément aux objectifs du millénaire pour le développement (OMD. Il souligne qu'il ne suffit pas de construire et de renforcer les barrages dans les PMA pour protéger les zones vulnérables et demande que « des efforts concertés soient consentis pour s'attaquer aux racines du problème et non aux seuls symptômes, et d'éviter ainsi de gaspiller l'argent des contribuables européens ». L'UE est priée de prendre et de promouvoir à grande échelle des mesures de réduction des émissions de carbone noir. Convaincu que les petits barrages hydroélectriques sont plus durables et plus viables économiquement que les grands barrages hydroélectriques, le Parlement est préoccupé par le fait que la Banque mondiale ait consacré plus de 100 milliards de dollars US à la construction principalement de grands projets hydorélectriques axés sur l'exportation, avec pour corollaire le déplacement de 40 à 80 millions de personnes, la perte de moyens de subsistance, des dégâts aux écosystèmes et la création de lourds fardeaux de la dette pour les pays en développement. Le Parlement invite instamment l'UE à conduire des politiques « selon la voie douce » pour lutter contre les inondations (amélioration de la prévision, protection des bâtiments, développement de capacités de stockage en lit majeur et mise en place de systèmes de derivation). (AN).