Bruxelles, 28/09/2011 (Agence Europe) - Les compagnies aériennes jugent très négativement les quotas d'émissions de CO2 (ETS) « gratuits » annoncés par la commissaire européenne à l'Action pour le climat, Connie Hedegaard, le 26 septembre (EUROPE n° 10460). Elle avait prétendu que la contrevaleur assurée des permis de polluer gratuits représenterait 20 milliards d'euros, au prix actuel du marché de CO2, pour la prochaine décennie. Elle suggérait que cet argent, que l'industrie n'allait pas devoir débourser en fin de compte, soit utilisé pour investir dans l'efficacité énergétique et les carburants non-fossiles.
Aux yeux des associations représentant les intérêts des compagnies aériennes, il s'agit avant tout de mesures risquant de mettre le secteur à genoux: « Considérer des permis comme des revenus est complètement absurde », s'insurge le secrétaire général de l'Association des compagnies européennes (AEA), Ulrich Schulte-Strathaus. Il s'associe à l'Association internationale des transporteurs aériens (IACA) et à l'Association des compagnies régionales (ERA) qui vont même plus loin dans leur communiqué commun: « La Commission européenne doit revenir sur terre. Affirmer que les compagnies vont tirer bénéfice d'une mesure qui va les priver de revenus est une méconnaissance grave de la réalité économique ». Le dossier « des permis de polluer » dans l'aviation est loin d'être terminé, car l'Association des transporteurs aériens des États-Unis (ATA) a porté le dossier devant la Cour de justice de l'Union européenne. L'avocat général chargé de l'affaire depuis décembre 2009 devrait rendre son avis le mois prochain. (MD)