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Bulletin Quotidien Europe N° 10460
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) croissance

La Chine et l'Inde restent peu concernées par le ralentissement économique mondial. Selon les prévisions du FMI, publiées la semaine dernière, la Chine et l'Inde conservent des croissances spectaculaires, alors que les pays développés connaissent un ralentissement généralisé. La Chine atteindra 9,5% de croissance cette année, soit à peine 0,8 point de moins qu'en 2010. Et elle pourrait afficher 9% l'an prochain. Les moteurs de croissance ne seront plus seulement l'exportation, qui souffrira de la stagnation des marchés occidentaux, tout en enregistrant encore des progressions impressionnantes (24% sur un an en août). L'investissement public augmente au même rythme, suite au plan massif de relance de 2009, équivalant à 14% du PIB. La consommation des ménages chinois explose, par ailleurs, comme l'illustre la progression des importations et une inflation qui demeure une source de préoccupation pour le gouvernement. L'Inde affiche également un dynamisme qui ne se dément pas. Régulièrement en retrait de un point ou deux sur son rival chinois, la sixième économie mondiale devrait connaître une croissance de 8% cette année, qui s'améliorerait légèrement l'an prochain. Ce résultat demeure toutefois inférieur aux objectifs des pouvoirs publics, lesquels estiment avoir besoin de 9 à 10% de croissance pour absorber les quelque 12 millions de jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail. Aux côtés de ces deux économies en croissance, d'autres émergents ralentissent à peine et conservent des taux de croissance spectaculaires. C'est le cas des monarchies pétrolières du Golfe (près de 7% de croissance cette année pour l'Arabie Saoudite). Grâce à son secteur industriel, l'Indonésie devrait afficher 6,5% de croissance. Du côté de l'Amérique latine, des pays comme le Chili, la Colombie ou le Pérou continueront d'enregistrer une croissance supérieure à 5% cette année et en 2012, grâce à leur politique de libéralisation et de finances publiques équilibrées. L'Argentine est également sur la pente ascendante, après plusieurs années difficiles. Par contre, les économies d'autres pays émergents ralentissent en raison de la stagnation des marchés occidentaux. Le FMI prévoit des taux de croissance entre les 3 et 4% cette année, soit des résultats équivalents à ceux d'un pays occidental prospère. Le Brésil, par exemple, qui tirait profit de ses exportations de matières premières va subir le contrecoup du marasme occidental. Sa croissance va être divisée par deux, passant de 7,5% l'an dernier (et meilleur résultat depuis les années 1970) à 4% selon le gouvernement brésilien ou 3,5% selon des experts indépendants. En cause, la concurrence des industriels chinois, la surévaluation du real et la stagnation des prix des matières premières. Quant au dernier pays des BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine), la Russie, sa croissance devrait être un peu plus solide que celle du Brésil, mais tout juste aux alentours des 4%, en 2011 tout comme l'an prochain. Une croissance jugée insuffisante par le gouvernement russe même si le spectre d'une récession semble écarté après une année 2009 catastrophique (chute de 8% du PIB). En ce qui concerne les autres pays de l'ex-URSS, le FMI estime qu'ils sont particulièrement vulnérables aux turbulences économiques internationales et risquent de voir leur reprise affectée. Parmi les pays émergents non occidentaux jusqu'ici en croissance, le ralentissement sera marqué en Malaisie (4,5% cette année et l'an prochain), en Thaïlande (3,8% puis 4,2%), au Mexique (3,4% puis 3,1%), en Égypte (1,2% puis 3,5%) et surtout en Afrique du Sud (1,3% en 2011). Ces émergents devraient continuer à rattraper les pays développés, mais à un rythme plus raisonnable. Au milieu du marasme économique affectant l'Europe, six pays plus la Turquie devraient terminer l'année sur une forte croissance. En difficulté au début de l'année, l'Irlande rebondit de manière étonnante grâce à une hausse des exportations (+24% sur un an) au deuxième trimestre. Cela lui permet de croître de 1,6% comparativement au trimestre précédent. L'Islande, qui revient de loin également, devrait voir son PIB progresser de 2,2% en 2011, selon l'OCDE. Les économies estonienne et lettone sont également en progrès. Au deuxième trimestre, l'Estonie a réalisé sa plus forte augmentation depuis trois ans et demi (+8,4% du PIB). Elle devrait connaître cette année la croissance la plus rapide des 27 États membres de l'Union européenne (+7%), grâce à un redressement de ses exportations, de la modération salariale et de la flexibilité du travail. La Lettonie tire profit pour sa part d'investissements productifs et de la hausse très modérée du coût de la main-d'œuvre. La Norvège affiche quant à elle des perspectives de croissance en 2011 plus modérées mais en hausse par rapport à 2010 (+2,5% contre 0,4% l'an dernier, selon l'OCDE). La Pologne connaît aussi une période favorable: la progression de son PIB devrait frôler 4%, un pourcentage comparable à celui de 2010, grâce à la vigueur de l'investissement public en 2011. Aux frontières de l'Europe, la Turquie a enregistré un bond de 8,8% de son PIB au deuxième trimestre (+11,6% au premier semestre) mais son économie reste fragile. (IL)

 

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