Bruxelles, 15/09/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton se trouvant toute la semaine au Moyen-Orient, c'est encore une fois le secrétaire d'État polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, qui l'a remplacée mercredi 14 septembre pour faire le point en plénière sur le processus de paix. L'Union reste résolue à ne négliger aucune possibilité de rapprocher les parties: elle considère qu'il s'agit d'une nécessité morale. La dernière réunion du Quartette, le 6 juillet, a confirmé la nécessité de relancer le processus, même si les conditions ne sont, hélas, pas très favorables.
Dans ses rencontres au Moyen-Orient, Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, a insisté sur l'unité au sein de l'Union en ce qui concerne le processus de paix et sur les paramètres qui doivent être à la base des négociations: pas de pré-conditions, mais mise en place d'un cadre qui permette la reprise des négociations, accord sur les frontières des deux États sur la ligne de juin 1967, respect de la souveraineté de la Palestine et de la sécurité d'Israël, solution au problème des réfugiés, réponse sur le statut de Jérusalem en tant que capitale des deux États.
Mme Ashton est bien décidée à maintenir l'unité de l'Union lors de la réunion de l'Assemblée générale de l'ONU, dans huit jours, à New York. Avant de s'y rendre, elle aura encore une rencontre avec des membres de la Ligue arabe au Caire. Le représentant du Conseil a clairement affirmé que l'UE a reconnu que les Autorités palestiniennes ont fait des progrès suffisants pour prétendre au statut d'État: il faut leur prouver que leurs efforts n'ont pas été vains.
Au nom du groupe PPE, l'Espagnol José Ignacio Salafranca Sánchez-Neyra a souligné les difficultés actuelles, notamment après l'attentat contre l'ambassade israélienne au Caire. La réunion de l'Assemblée générale des Nations unies offre une chance: l'Union doit y parler d'une seule voix, en se concentrant sur deux objectifs: sortir de l'impasse et éviter qu'une des deux parties du conflit ne se sente lésée.
« Dans huit jours, le président Abbas demandera à l'ONU la reconnaissance de l'État palestinien. C'est un moment historique qui nous place, nous Européens, au pied du mur », a affirmé la Belge Véronique De Keyser, au nom du groupe S&D. Elle a ajouté: « Aidons les à faire ce pas, ils le méritent et ils y ont droit ». Elle estime que, « forts de cette reconnaissance », les Palestiniens pourraient retourner à la table des négociations, sur une base plus équilibrée. L'Union doit être unie sur ce point: selon Mme De Keyser, c'est « toute la crédibilité européenne face au printemps arabe qui est en jeu: l'ONU, c'est le printemps arabe des Palestiniens ».
Le Chypriote Kyriacos Triantaphyllides (GUE/NGL) partage la conviction que la reconnaissance de l'État palestinien comme membre des Nations unies faciliterait la reprise des négociations, le plaçant sur un pied d'égalité par rapport à Israël. Annemie Neyts-Uyttebroeck (ADLE, belge) espère que les pays de l'Union resteront, à New York, fidèles à leur ligne politique sur le Moyen-Orient ; dans le même groupe, l'Italien Niccolo'Rinaldi n'est pas trop optimiste. En confirmant l'amitié vis-à-vis du peuple palestinien, qui a connu tant de souffrance, et le lien particulier avec Israël (« il fait partie de notre famille »), M. Rinaldi a mis en doute la capacité des Européens à se montrer fermement unis à New York.
Quant à l'Allemande Franziska Brantner (Verts/ALE), elle invite à ne pas se laisser influencer par les Américains, et imagine la possibilité d'un statut spécial pour la Palestine à l'ONU, à l'instar de celui du Vatican. Le Polonais Konrad Szymañski, au nom du groupe CRE, a insisté sur la nécessité de faire respecter la liberté de culte partout, y compris dans les pays du Moyen-Orient.
Plusieurs élus ont critiqué la politique de colonisation d'Israël, notamment la Néerlandaise Ria Oomen-Ruijten (PPE) et l'Irlandais Proinsias de Rossa (S&D). Le langage de l'ancien président du PE, le démocrate-chrétien allemand Hans-Gert Pöttering, est encore plus clair: « La sécurité d'Israël ne sera garantie à l'avenir que si un État palestinien se crée à ses frontières ». Même si une solution négociée serait préférable, la politique « illégale » d'Israël sur les implantations isole ce pays.
Certains élus sont franchement contre l'entrée de la Palestine à l'ONU, notamment le Britannique Nick Griffin (BNP), qui considère qu'il s'agit d'un régime « corrompu » et les Néerlandais Bastiaan Belder (EFD) et Peter van Dalen (CRE), ces derniers lançant par ailleurs des critiques pointues au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. « Il veut rétablir l'empire ottoman », a accusé Peter van Dalen. (LG)