Bruxelles, 15/09/2011 (Agence Europe) - Lutter contre le réchauffement climatique en réduisant les émissions de CO2, c'est bien, mais c'est loin d'être suffisant. C'est aux autres gaz à effet de serre qu'il convient de s'attaquer résolument aussi, souligne le Parlement européen dans une résolution sur « une approche globale pour les émissions anthropiques autres que le CO2 », adoptée le 14 septembre à Strasbourg à une large majorité (578 voix pour, 51 voix contre et 22 abstentions).
Dans cette résolution, les eurodéputés demandent que l'UE prenne des mesures pour réduire les hydrocarbures fluorés (HFC) utilisés dans les systèmes de réfrigération, les oxydes d'azote (NOx) qui sont des gaz à effet de serre de façon indirecte et la suie utilisée dans les aérosols. Ce faisant, le Parlement européen a suivi Richard Seeber (PPE, Autriche) et Theodoros Skylakakis (ADLE, Grèce) qui, la veille, avaient conjointement posé à ce sujet une question orale à la Commission européenne. « La politique européenne contre le changement climatique doit être complétée par la réduction des gaz autres que le CO2 », explique Richard Seeber, et « cela peut être fait de façon efficace et peu onéreuse avec les outils existants ». Un avantage non négligeable « en période de crise économique », renchérit M. Skylakakis. Et d'ajouter: « Nous pouvons obtenir un effet immédiat sur le climat compte tenu du potentiel de réchauffement de ces gaz qui représenteront 20% des émissions globales en 2050 ».
La résolution demande une réduction accélérée des gaz fluorés étant donné que l'application du règlement relatif aux gaz F (fluorés) est loin d'avoir répondu aux attentes. À cette fin, la Commission est instamment invitée à proposer une modification des règles existantes afin de parvenir plus rapidement à la réduction des émissions d'hydrofluorocarbures (HFC) et à l'élimination des hydrochlorofluorocarbures (HCFC) qui détruisent la couche d'ozone. Le Parlement se félicite à cet égard de l'engagement pris par l'UE d'appuyer l'action mondiale sur les HFC (dans le cadre du Protocole de Montréal) lors de la conférence climatique onusienne de Durban (COP 17 en fin d'année).
Le Parlement propose également à l'UE d'œuvrer à la réduction des émissions de noir de carbone ou de « suie » (qui se forme suite à la combustion incomplète de pétrole ou de charbon), notamment par le biais d'une législation sur les émissions polluantes des véhicules automobiles. L'impact des particules de suie sur l'environnement est important. Dans l'air, elles absorbent la chaleur du soleil et, au sol, elles accélèrent la fonte des glaciers qu'il convient d'enrayer, avec pour priorité l'Arctique, le Groenland et les glaciers de l'Himalaya et du Tibet. De l'avis des eurodéputés, l'action sur les HFC et le noir de carbone pourrait débuter d' ici deux ou trois ans et être bien engagée d'ici cinq à dix ans. La lutte contre ces émissions serait particulièrement peu coûteuse, étant donné que le coût d'une réduction des émissions de HFC varie entre 0,05 et 0,10 euro par tonne, quand il est de 13 euros pour le carbone, précise la résolution. (AN)