Bruxelles, 15/09/2011 (Agence Europe) - Le Premier ministre britannique David Cameron, le président français Nicolas Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé se sont rendus à Tripoli et Benghazi, jeudi 15 septembre. Ils ont été accueillis par le chef du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, et par son adjoint, Mahmoud Jibril. C'est la première visite de chefs d'État en Libye depuis la chute de Tripoli, le 23 août dernier.
Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre britannique a annoncé le déblocage d'avoirs libyens gelés d'un montant de 600 millions de Livres et précisé que son pays pourrait encore débloquer l'équivalent de 12 milliards de Livres. M. Sarkozy a demandé qu'il n'y ait « pas de violence, pas de règlement de compte », et a appelé les États qui ont sur leur sol des Libyens recherchés « à travailler avec les instances internationales pour que chacun ait les comptes à rendre sur ce qu'il a fait », selon l'AFP. Les deux hommes ont souligné que l'engagement de l'OTAN ne sera terminé qu'une fois tous les Libyens en sécurité et le Colonel Kadhafi arrêté.
Un soutien total mais exigeant du Parlement. De son côté, le Parlement européen a adopté une résolution sur la Libye, saluant « le courage et la détermination » des Libyens. Se réjouissant de la chute du régime autocratique de Mouammar Kadhafi, le PE souhaite que le Colonel et les membres de son régime soient traduits en justice pour leurs crimes. Les députés européens expriment leur « soutien total » au Conseil national de transition qui a la « difficile tâche d'édifier un nouvel État représentant tous les Libyens », qui rassemblera « l'ensemble des acteurs clés de toutes les régions du pays ». Ils demandent au CNT « d'assumer pleinement la responsabilité lui incombant quant à la sécurité et au bien-être du peuple libyen, et d'agir de manière transparente et en respectant pleinement les principes démocratiques ainsi que le droit humanitaire international ».
La résolution rappelle que la crédibilité du CNT déprendra de sa capacité à faire face aux problèmes les plus urgents, tout en créant des conditions propices à des institutions démocratiques et à la réconciliation nationale. Les députés souhaitent aussi que les actifs libyens soient débloqués afin de permettre au CNT d'assurer une gouvernance nécessaire. Ils veulent aussi que le Conseil national de transition s'engage à appliquer des normes élevées de transparence dans les secteurs économiques nationaux d'importance stratégique, pour que les ressources naturelles profitent à tous les Libyens.
Le Parlement en appelle à l'UE et des États membres pour qu'ils élaborent une « véritable stratégie commune efficace et crédible », soutiennent le processus de transition et aident le pays à réformer son secteur de la sécurité, dont le contrôle aux frontières, la lutte contre le trafic d'armes ou la police. Les députés demandent également aux États de la Ligue africaine de reconnaître le CNT et invitent tous les pays à collaborer avec lui. (CG)