Bruxelles, 13/07/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances se veulent constructifs afin de parvenir rapidement à un accord définitif sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance. Nous voulons franchir « le dernier centimètre » qui nous sépare d'un accord même si « mettre la cerise sur le gâteau » représente un effort « plus difficile qu'on pourrait l'imaginer », a déclaré le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski, mardi 12 juillet à l'issue de la réunion du Conseil Écofin. Il a estimé qu'un dénouement positif était envisageable « probablement en septembre ». Désireux d'aller plus vite, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a espéré qu'un accord sera possible avant la pause estivale même si le Parlement européen ne pourra voter les textes définitifs qu'en septembre. Il y va de la crédibilité de l'Eurozone alors que les craintes sur la capacité de pays importants de la zone, comme l'Espagne ou l'Italie, à atteindre leurs objectifs budgétaires alimentent un regain de tension sur les marchés.
Lundi, l'Eurogroupe s'est engagé à poursuivre les négociations avec le Parlement européen afin de boucler « une réforme ambitieuse aussi vite que possible ». « La gouvernance (économique) renforcée devrait être pleinement opérationnelle sans délai », a-t-il estimé.
Le PE et le Conseil sont d'accord sur plus de 95% de la réforme du Pacte de stabilité et de croissance qui renforcera la surveillance budgétaire et introduira la surveillance des déséquilibres macro-économiques. Mais les discussions se heurtent à la question de l'introduction, dans le cadre préventif du Pacte, de la prise de décision à la 'majorité qualifiée inversée' afin de limiter la marge d'appréciation des États lorsque la Commission européenne estime qu'un pays n'a pas pris les mesures nécessaires pour corriger son déficit et/ou son endettement public (EUROPE n°10409). Soutenu par la BCE, le PE est favorable, pas le Conseil malgré l'attitude positive de certains États membres comme les pays du Benelux.
Contre l'avis des chrétiens-démocrates, les libéraux au PE sont les plus impliqués dans la défense d'une solution la plus communautaire possible. « Nous avons réitéré notre souhait que la réforme du Pacte de stabilité, toujours en négociation avec le Conseil, débouche sur des dispositions plus crédibles concernant le volet préventif, y compris par des sanctions davantage automatiques », déclare le Belge Guy Verhofstadt qui a mené une délégation d'eurodéputés ADLE qui a rencontré à Varsovie la Présidence polonaise. (M.B.)