Bruxelles, 13/07/2011 (Agence Europe) - Les ministres polonais responsables de l'éducation, de la jeunesse, de la culture et du sport ont présenté mercredi 13 juillet, devant la commission éducation et culture du Parlement européen, leurs priorités. Celles-ci sont marquées par une ouverture accentuée vers les pays du partenariat oriental. S'ils se félicitent de l'augmentation du budget, les députés n'ont pas manqué de montrer, à l'image de la présidente de la commission parlementaire Doris Pack, leurs inquiétudes par rapport à la refonte des programmes pour 2014-2020 envisagée par la Commission européenne et demandé l'appui de la présidence polonaise pour défendre leur point de vue. Les députés s'inquiètent en particulier de la disparition du nom de certains programmes réputés (par exemple Comenius). Seul Hannu Takkula (ADLE, finlandais) s'est montré résolument optimiste, répétant que l'important c'est d'avoir des programmes avec de bons contenus, quelle que soit l'étiquette qu'on y colle. « Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse », a-t-il déclaré.
. Jeunesse: il faut une plus grande participation des jeunes au processus démocratique, en particulier en ce moment de crise et de perte de confiance de la jeune génération en ses institutions, a souligné la ministre de l'Éducation nationale Katarzyna Hall. La présidence polonaise veut promouvoir la solidarité et la coopération entre les jeunes de l'UE et ceux de l'Europe de l'Est et du Caucase. Elle soumettra pour adoption des conclusions sur la dimension orientale de la politique jeunesse en novembre. Dans le cadre de l'Année européenne du volontariat, elle mettra également l'accent sur les activités de volontariat des jeunes.
. Éducation: promouvoir la mobilité sera la première des priorités en matière d'éducation et des conclusions seront adoptées en novembre à ce sujet. La mobilité non seulement au sein de l'UE mais aussi avec les pays voisins. Favorable à toute initiative visant le développement du multilinguisme, la présidence polonaise appuiera toutes les formes de coopération et de partenariat entre les écoles et les instituts de formation. La Pologne se penchera aussi sur l'apprentissage tout au long de la vie et la participation des adultes aux programmes de formation, essentiels pour l'emploi et la mobilité. À propos des programmes d'éducation, la Pologne souhaite élargir le nombre de pays qui participent à Erasmus et Erasmus Mundus, a souligné Barbara Kudrycka, ministre des Sciences et de l'Enseignement supérieur. La deuxième priorité en matière d'éducation sera la modernisation des universités, qui fera l'objet de conclusions du Conseil en novembre, dans le cadre de la communication que s'apprête à publier la Commission en septembre. Le plus important est de garantir que les instituts se tournent vers d'autres sources de financement que les financements publics, en collaboration avec le monde des entreprises, mais qu'ils se tournent également vers d'autres partenaires comme les ONG.
. Culture: si l'UE veut atteindre les objectifs de la stratégie EUROPE 2020, elle doit tirer profit de son potentiel culturel et créatif, a souligné le ministre de la Culture et de l'Héritage national Bogdan Zdrojewski. Des conclusions seront adoptées en novembre, afin de faire le lien entre la culture, l'éducation, les jeunes, la recherche scientifique et l'innovation. La présidence polonaise travaillera aussi sur des pistes d'actions pour réduire le décrochage scolaire grâce à l'éducation artistique et l'exploitation des aptitudes artistiques des jeunes et des adultes. Saluant les conclusions sur le label européen obtenues par la présidence hongroise, la Pologne veillera à ce que les critères de sélection des sites soient totalement respectés par le Conseil. Autre chantier: la disponibilité de statistiques en matière de culture qui font cruellement défaut et empêchent de rassembler des données fiables, essentielles pour atteindre les priorités en matière culturelle de la stratégie EUROPE 2020. Dans ce cadre, le projet ESNET Culture d'Eurostat fera l'objet d'une attention particulière.
. Audiovisuel: la modernisation et la protection du patrimoine culturel sera la priorité numéro un de la présidence polonaise. La bibliothèque numérique Europeana et son développement futur pour créer un patrimoine numérique européen sera au centre des travaux de la Pologne, de même que toutes les questions relatives à la directive sur les œuvres orphelines. Le renforcement de la protection des mineurs en ligne et la préservation des objectifs du programme MEDIA seront également au menu des six prochains mois.
. Sport: trois objectifs ont été déterminés par le ministre des Sports et du Tourisme Adam Giersz: la lutte contre le trucage des compétitions sportives et le dopage (1), la dimension sociale du sport (2) et la dimension économique du sport (3). Sur le premier point, la Pologne proposera en novembre de lancer un signal politique, à savoir que les États membres s'accordent pour considérer les manipulations dans le sport comme un délit punissable au niveau pénal. En matière de dopage, la coopération est indispensable, comme le suggère la Commission qui entend parler d'une seule voix au sein de l'Agence mondiale anti-dopage. La dimension sociale du sport sera axée principalement sur les activités de bénévolat (y compris dans les pays du partenariat oriental), et cet aspect fera l'objet de conclusions en novembre. Enfin, la dimension économique du sport, parfois oubliée, doit recevoir l'attention qu'elle mérite, notamment dans le cadre d'un nouveau programme pour le sport pour 2014-2020. (I.L.)