Bruxelles, 13/07/2011 (Agence Europe) - Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d'investissement, et Abdelhamid Triki, ministre tunisien du Plan et de la Coopération internationale, ont signé, mardi 12 juillet à Bruxelles, un accord de prêt de 140 millions d'euros pour un projet industriel d'envergure dans le secteur des engrais chimiques. La Tunisie, quatrième producteur mondial de phosphates, vise essentiellement, par l'augmentation de sa production d'engrais 'triple superphosphates' (TPS), un marché chinois qui serait fortement demandeur. Le prêt consenti par la BEI, pour 15 ans avec un délai de grâce de 3 ans, au taux fixe de 3,5% - des conditions favorables, a souligné M. de Fontaine Vive, soutiendra le développement du 'Groupe chimique Tunisien' visant en particulier son site de M'dhilla dans une des régions défavorisées à l'origine de la « révolution du 14 janvier ». Le financement de la BEI couvrira la moitié du coût de ce projet dont il résultera « la création d'un nombre significatif d'emplois pendant la phase de construction puis 400 emplois directs et durables » en phase de fonctionnement, note la BEI.
M. de Fontaine Vive a tenu a souligner, pendant la cérémonie de signature, le dynamisme des efforts consentis par les Tunisie avec laquelle cet accord est le deuxième signé après la décision du G8 à Deauville. Deux autres projets d'envergure dans le domaine des infrastructures (autoroute Nord-Sud reliant les zones défavorisées le long de la frontière avec l'Algérie et une autoroute suburbaine autour du « grand Tunis » sont à l'étude. Si la décision de leur financement est prise par la BEI, la Tunisie aura reçu en 2011 la somme de 600 millions d'euros provenant des ressources promises dans l'esprit du « partenariat de Deauville ». M. Triki a exposé à la presse les plans de développement tunisiens, axés sur les infrastructures et la création d'emplois, en passant par une amélioration de la gouvernance des entreprises et par un surcroît d'efficacité de l'appareil économique étatique. La dette tunisienne vis-à-vis de la BEI serait de 1 milliard d'euros pour un encours de 4,95 milliads d'euros (depuis 1979). « Nous n'avons pas demandé à réaménager notre dette », a dit le ministre. La Tunisie est un « bon client », a expliqué le vice-président de la BEI, car elle présente des projets crédibles, consomme bien ses crédits et rembourse en temps et en heure ses dettes et « ce sont les pays méditerranéens les mieux gérés qui obtiennent les meilleures conditions de marché pour leurs emprunts », a-t-il affirmé. Les Tunisiens auraient cependant souhaité un effort accru de leur partenaire européen en termes de capitaux à risque. Mais la BEI n'a pas reçu le feu vert des États membres dans cette voie. (F.B.)