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Bulletin Quotidien Europe N° 10418
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Doute sur la tenue imminente d'un sommet de l'Eurozone

Bruxelles, 13/07/2011 (Agence Europe) - L'Allemagne n'est pas convaincue de l'urgence de convoquer un sommet de l'Eurozone ce vendredi. « Il n'y a pas aujourd'hui de projet concret » d'organiser un sommet de la zone euro, a estimé mercredi 13 juillet une porte-parole du gouvernement allemand, rapporte l'AFP. Selon elle, l'important est que les travaux sur un deuxième sauvetage financier de la Grèce se poursuivent « à un rythme soutenu » au niveau des ministres des Finances. Rappelant que la Grèce était en mesure d'honorer ses engagements financiers jusqu'à fin septembre, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble avait rejeté l'urgence de finaliser le deuxième plan grec qui inclura une participation des créanciers privés, mardi 12 juillet à l'issue du Conseil Écofin.

L'idée d'un sommet, que le président du Conseil européen Herman Van Rompuy lui-même a évoquée, aurait pour objectif de couper court aux risques de contagion de la crise de la dette à toute la zone euro (EUROPE n°10417). « L'Eurogroupe doit présenter de manière urgente des mesures visant à résister au risque de contagion dans la zone euro », a souligné M. Van Rompuy mardi à Madrid à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero. À Lisbonne où il a aussi rencontré le président du Conseil européen, le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a douté que les mesures envisagées soient suffisantes pour répondre « à l'urgence de trouver une solution globale ». Néanmoins, une décision rapide sur la manière de mettre un terme à la crise ne semble pas pour demain. « Cela n'a pas de sens de tenir une réunion si elle n'apporte pas de solution exhaustive à quelque chose qui ne disparaîtra pas à moins qu'on l'affronte », a estimé mercredi le Premier ministre irlandais Enda Kenny devant le parlement irlandais. Confirmant qu'un sommet des Dix-sept « fait partie des choses que nous discutons », une porte-parole de la Commission européenne a indiqué que la décision ultime revenait à M. Van Rompuy.

Moody's. La Commission a condamné, mercredi, la décision de Moody's, la veille, de ranger la notation irlandaise dans la catégorie spéculative, comme elle l'avait fait la semaine dernière pour le Portugal (EUROPE n°10413). Pour les mêmes raisons que celles invoquées pour la notation portugaise, l'agence de rating estime que Dublin aura besoin d'un nouveau sauvetage auquel participeront les investisseurs privés. « La décision de Moody's, hier, de dégrader la notation de crédit de l'Irlande est incompréhensible. Son timing, alors que la deuxième mission de suivi (du programme irlandais) se prépare à annoncer les résultats de ses travaux, est, à tout le moins, discutable », a déclaré une porte-parole de l'institution européenne. Selon elle, le gouvernement irlandais a fait preuve de « détermination » dans la mise en œuvre de son programme d'austérité négocié avec ses créanciers institutionnels en échange d'une aide financière de 67,5 milliards d'euros. Les banques irlandaises sont en cours de recapitalisation et l'économie du pays retrouvera la croissance « cette année ». Même si beaucoup d'efforts sont à fournir, l'Irlande est sur « le bon chemin », a-t-elle ajouté.

Les ministres européens des Finances de la zone euro n'ont pas arrêté les modalités d'une participation du secteur privé au 2ème sauvetage grec (EUROPE n°10417). Couplée aux difficultés économiques spécifiques que traversent des pays comme l'Espagne et l'Italie, cette indécision a alimenté les tensions sur les marchés financiers qui craignent un risque que de contagion de la crise de la dette souveraine. Face à la mise en garde des agences de rating contre le risque que les options privilégiées entraînent un défaut partiel d'Athènes, l'Eurogroupe a ouvert la voie à de nouvelles options jusqu'ici laissées de côté, quitte à prendre le risque que la formule retenue provoque un défaut partiel, et ce malgré l'opposition réitérée de la BCE.

Des propositions sont annoncées afin de rendre plus flexible la Facilité EFSF utilisée à ce jour pour soutenir l'Irlande et le Portugal, et de la doter de nouveaux outils d'intervention. Le fonds européen de sauvetage provisoire pourrait ainsi être habilité à intervenir sur les marchés secondaires afin de racheter directement aux investisseurs les titres de dette souveraine dépréciés que ceux-ci détiennent. Le rachat de dette est déjà possible: des prêts de l'EFSF peuvent permettre à un pays sous tutelle de racheter sa propre dette à un prix inférieur, moyennant une stricte conditionnalité. Soutenues par le lobby bancaire réuni au sein de l'Institut international de la Finance (IIF), les opérations de 'buy back' auraient l'avantage de réduire de manière conséquente le poids de la dette. L'Eurogroupe envisage également un allongement des maturités des prêts octroyés aux pays de la zone sous perfusion, ainsi qu'une réduction des taux d'intérêt pratiqués.

Tout effort visant à réduire le stock de dette grecque (350 milliards d'euros) risque d'être perçu comme un défaut d'Athènes. Tout dépendrait de la façon dont il serait provoqué. « Il y a un monde entre un défaut temporaire et partiel faisant partie d'une procédure ordonnée et un défaut désordonné. Les marchés ne seraient pas perturbés par un défaut partiel s'il s'intègre dans une solution à long terme pour la Grèce », a déclaré au Wall Street Journal le directeur exécutif de l'IIF Charles Dallara, qui a rencontré mardi le commissaire européen Olli Rehn. Selon le journal, le lobby bancaire suggère d'aider la Grèce à racheter jusqu'à 50 milliards d'euros de sa dette détenue par la BCE. (M.B.)

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