Bruxelles, 04/07/2011 (Agence Europe) - L'agence américaine de rating Standard and Poor's a estimé, lundi 4 juillet, que les modalités préconisées par les banques françaises en matière de refinancement 'volontaire' de la dette grecque entraînerait vraisemblablement le pays vers le défaut temporaire (EUROPE n°10410). « De notre point de vue, chacune des deux options décrites dans la proposition de la Fédération bancaire française équivaudrait probablement à un défaut », déclare-t-elle dans un communiqué. Si l'une des deux options étaient mises en œuvre, S&P menace de dégrader encore la notation financière de la Grèce, alors qu'elle a récemment placé celle-ci dans la catégorie 'extrêmement spéculative' (CCC) à seulement deux crans d'un défaut (EUROPE n°10397). Le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn n'a pas souhaité, lundi, commenter cet avertissement, arguant qu'aucune décision sur l'implication du secteur privé à un deuxième sauvetage grec n'avait encore été formellement prise.
Les Européens élaborent un deuxième plan de sauvetage pour la Grèce d'une ampleur sensiblement équivalente au 1er plan de 110 milliards d'euros. Ils souhaitent que les créanciers privés y participent de manière volontaire et substantielle, tout en évitant une faillite du pays. Un défaut grec établi par les agences de notation financière provoquerait une onde de choc qui déstabiliserait l'Eurozone. Il priverait les banques grecques des liquidités bon marché que lui fournit la Banque centrale européenne, entraînerait la panique dans le système bancaire européen exposé à l'économie grecque et provoquerait le paiement des primes d'assurance aux investisseurs s'étant prémunis contre le risque de défaillance d'Athènes.
Dans un premier temps, M. Rehn avait souhaité que le 2ème plan grec soit finalisé d'ici à l'Eurogroupe du lundi 11 juillet. C'était avant que le parlement grec n'adopte ses mesures additionnelles d'austérité (EUROPE n°10409). La Grèce étant désormais en mesure d'honorer ses engagements financiers jusqu'en septembre, l'urgence est moins de mise. La complexité de la tâche visant à trouver la bonne formule pour la participation du secteur privé au 2ème sauvetage grec est telle que les travaux doivent se poursuivre. « Les modalités précises et l'ampleur de l'implication du secteur privé ainsi que les sources additionnelles de financement provenant de créanciers institutionnels seront mises au point dans les prochaines semaines », indique la déclaration de l'Eurogroupe, qui s'est réuni samedi 2 juillet par visioconférence. Selon le ministre belge des Finances Didier Reynders, les ministres se donnent « deux mois » pour faire en sorte qu'« un plan complémentaire (arrive) sur la table pour le mois de septembre ». Désireuse d'être impliquée dans ces discussions, la Présidence polonaise a été invitée à participer aux travaux de l'Eurogroupe, même si la Pologne n'a pas adopté la monnaie unique (voir autre nouvelle).
À travers l'Institut international de la Finance (IIF), les grandes banques mondiales se sont dites prêtes à accomplir un effort volontaire et transparent pour soutenir la Grèce. Selon elles, l'implication du secteur privé devra être basée sur « un nombre réduit d'options », telles que: - le réinvestissement de la dette grecque arrivant à échéance dans des titres à maturité plus grande adossés à des collatéraux (principe du 'roll over') ; - le recours à des techniques de rachat de dette ('debt buy back techniques').
12 milliards d'euros à Athènes. L'Eurogroupe a pris acte, samedi 2 juillet, de l'adoption par le parlement grec des mesures additionnelles d'austérité évaluées à 28 milliards d'euros. C'était la condition sine qua non pour débloquer le versement de la contribution européenne à la 5ème tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le programme grec actuel et éviter un défaut de paiement de la Grèce. Les ministres transféreront 8,7 milliards à Athènes d'ici au vendredi 15 juillet. Le FMI, avec à sa tête l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde, devrait faire de même cette semaine pour sa contribution de 3,3 milliards d'euros. Après l'Eurogroupe, l'organisation financière internationale a accueilli favorablement le vote du parlement grec et l'engagement des Dix-Sept à assurer le financement complet d'un deuxième programme d'aide à la Grèce. Ces deux éléments permettront au conseil d'administration du FMI de donner son feu vert au déblocage des fonds prévus, a déclaré sa porte-parole. (M.B.)