Les politiques utilisent de plus en plus les réseaux sociaux pour communiquer. Selon une étude de la Fondation Robert Schuman, les réseaux sociaux sont en passe de devenir des outils indispensables de communication entre les dirigeants européens et les citoyens. Plus que de simples outils de socialisation, ils sont devenus de véritables plateformes d'échanges et de mobilisation sur lesquelles la présence de l'Union européenne est incontournable. - Boom des réseaux sociaux: en 2010, Facebook est devenu le site le plus visité au monde, dépassant Google. Cet événement majeur marque le début de la réussite des réseaux sociaux. Ainsi, Facebook (2004), Twitter (2006), LinkedIn (2003), Viadeo (2004), Skype (2003) et MSN (1999) sont désormais partie intégrante de la vie sociale. Selon le dernier rapport annuel de l'Institut d'études comScore dédié aux usages numériques des Européens (« comScore Europe digital year in review 2010 », publié le 24 février 2011), les réseaux sociaux sont devenus, derrière la recherche en ligne, l'usage le plus répandu en Europe avec 84,4% d'utilisateurs. La Pologne, le Royaume-Uni et la Finlande sont en tête des pays européens qui utilisent le plus les réseaux sociaux avec, respectivement, 90,6%, 87,9% et 86,5%. Si l'on inclut la Turquie, celle-ci est en tête avec 92,2% de personnes connectées. L'Autriche est en bas du tableau avec 74,5% de taux de pénétration, suivie de la Suisse (75,2%), l'Allemagne (79,4%) et la France (80,6%). Facebook est au cœur de ce boom des sites communautaires et se classe numéro un dans 15 des 18 marchés étudiés par comScore. « Avec 230 millions de visiteurs uniques, Facebook est le troisième site le plus populaire d'Europe et devance de loin tout autre support média dans l'attention des consommateurs », souligne comScore dans son rapport. Champion au Royaume-Uni, en Finlande et en Norvège, Facebook doit en revanche faire face à des concurrents locaux de taille en Pologne, aux Pays-Bas, en Allemagne, où la part de marché du réseau américain est inférieure à 60%. Les internautes européens s'attardent plus sur Facebook que sur les sites Google. En Europe, le réseau social est devenu l'an dernier le site où les internautes ont passé le plus de temps (11,7%), devant l'ensemble des sites Google - recherche actualités, blog, etc.- (10,4%) et de Microsoft (10%), selon les données de l'Institut comScore. Une étude récente d'Eurostat rappelle que dans l'Union européenne, 80% des jeunes internautes utilisent les réseaux sociaux. Internet s'impose dorénavant comme un média de masse pour les jeunes générations et les réseaux sociaux comme une pratique commune. - Les institutions européennes s'emparent des réseaux sociaux: au 26 mai 2011, le Parlement européen en tant qu'institution compte 158 770 fans sur sa page Facebook et 14 000 followers sur Twitter. Quelque 69% des eurodéputés utilisent les réseaux sociaux. Ils comptabilisent à eux tous 900 000 fans sur Facebook et ont 215 000 followers sur Twitter. Il est difficile de catégoriser les députés européens utilisateurs des réseaux sociaux. Si les jeunes eurodéputés semblent adeptes des twitts et Facebook, les plus âgés n'en sont pas exclus. Dans la pratique, Facebook prend le pas sur leurs blogs, le premier réseau social donnant davantage de visibilité pour toucher plus largement les citoyens européens et permettant plus facilement les échanges. ComScore souligne en outre que 66% des collaborateurs des députés européens conseillent leurs élus sur l'utilisation des médias sociaux. Par contre, Twitter n'est utilisé que par un tiers des députés, une majorité d'entre eux peinent à trouver une utilité dans la plateforme de micro-blogging instantané. Une tendance qui s'explique par le fait que Twitter s'adresse actuellement davantage aux professionnels de l'Union européenne qu'aux citoyens. En ce qui concerne la Commission européenne, début mai 2011, 44% des commissaires étaient présents sur Twitter, soit par un compte personnel, soit au travers de leur porte-parole. Avec un total de 40 080 followers pour 3 221 twitts, les 12 commissaires (et le compte officiel de la Commission) sont les personnes les plus suivies des institutions européennes, notamment grâce à l'audience de Neelie Kroes (société de l'information et agenda numérique). En revanche, ils sont nettement plus discrets sur Facebook: seulement un tiers ont un profil. Du côté du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président du Conseil, dispose de 14 448 followers sur son compte Twitter. Il a notamment communiqué directement avec les journalistes via ce canal lors du sommet européen du 16 décembre 2010. Une première qui a ébranlé le caractère secret des Conseils européens qui se tiennent toujours à huis clos. (I.L.)