Bruxelles, 04/07/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne a applaudi la Serbie et le Kosovo, lundi 4 juillet, pour l'avancée de taille réalisée durant les négociations de ce week-end visant à apaiser les relations entre la Serbie et le Kosovo. Les négociateurs sont parvenus à s'entendre sur trois sujets qui aideront à améliorer le quotidien des citoyens. Catherine Ashton, Haute représentante de l'Union, a déclaré que les accords étaient « bénéfiques pour les deux parties. Ils ne requièrent pas de sacrifices, au contraire, les deux parties y gagnent beaucoup ». Après s'être entretenue à Bruxelles avec le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, elle a déclaré: « J'attends avec impatience la mise en place rapide de ces accords. J'espère également que le dialogue permettra d'aboutir à des résultats supplémentaires ». Les accords, conclus pendant le week-end à Bruxelles, sont les premiers depuis la séparation unilatérale du Kosovo de la Serbie en février 2008, acte auquel Belgrade et son allié russe s'opposent avec véhémence. Les négociations, cinquième cycle d'une série qui a débuté en mars, qui se tiennent sous les auspices de l'UE, ont permis d'arriver à des accords dans les domaines de la liberté de circulation sur leur frontière commune contestée, la reconnaissance des certificats d'enseignement secondaires et des diplômes universitaires, et les registres d'état-civil.
L'accord portant sur la liberté de circulation permet aux personnes de traverser la frontière munies de leur carte d'identité, non d'un passeport délivré par le Kosovo, ainsi que de plaques d'immatriculation et assurance de tout véhicule qui traverserait également la frontière. Les deux parties sont arrivées à un accord de principe sur la question des diplômes: elles désigneront un organisme international ou une institution universitaire mutuellement acceptable qui décidera de la compatibilité des diplômes. En ce qui concerne le registre d'état-civil, EULEX, la mission « état de droit » de l'UE au Kosovo, continuera à établir un registre complet. Lorsque Belgrade en fera la demande, EULEX fournira des informations spécifiques sur le registre d'état-civil du Kosovo. « Il s'agit de domaines qui faciliteront largement la vie des citoyens », a affirmé M. Thaçi aux journalistes. « Nous poursuivrons avec les prochaines questions au programme », a-t-il ajouté. Il s'est également engagé à continuer la lutte contre la corruption et le crime organisé.
La déclaration de l'UE affirmait qu'il y avait également une évolution dans les domaines de la télécommunication, de la propriété des terres, des douanes et de l'énergie. Les négociateurs ont également échangé leur avis sur des questions liées au patrimoine religieux et culturel ainsi que sur la coopération régionale.
Peu avant les négociations à Bruxelles, les fonctionnaires étaient raisonnablement optimistes quant aux progrès qui seraient accomplis, surtout dans le sillage de l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic. Un nouveau tour de négociations est espéré avant les vacances d'été ; d'ailleurs, selon la déclaration de l'UE, les deux parties auraient accepté de se rencontrer à nouveau ce mois-ci. La Serbie et le Kosovo souhaitent tous deux rejoindre l'UE, et ils ont accepté de ne pas laisser les négociations d'adhésion entraver leurs rencontres. Mais faire entrer les deux pays sera digne d'un numéro d'équilibriste, puisque le premier pays à rejoindre l'UE pourra rendre l'adhésion de l'autre impossible. « J'estime que l'avenir de la Serbie et du Kosovo est dans l'Union européenne. Et je pense sincèrement que nous devons aller de l'avant, pour le bien de tous, au moment propice et de la façon adéquate », a déclaré Mme Ashton. « Il y a un long chemin à parcourir avant de devenir membre de l'Union européenne », a-t-elle précisé. Parmi les 27 États membres de l'UE, 22 ont reconnu l'indépendance du Kosovo. (LoC)