Bruxelles, 04/07/2011 (Agence Europe) - Une récente étude indépendante menée par McKinsey&Co corrobore les bénéfices de la mise en œuvre de SESAR qui ont été avancés par la Commission européenne en termes de facilitation du trafic aérien dans le ciel unique européen, mais démontre que des retards dus à un manque de financement ou de gouvernance pourraient drastiquement affecter les avantages escomptés. Ceux-ci se chiffrent, d'ici 2030, en termes de croissance du PNB (419 milliards), d'emploi (328 000 emplois directs et indirects), d'efficacité du trafic (vols 10% plus court, et 50% de retard et d'annulation en moins) et d'impact environnemental (10% d'émission de gaz à effet de serre en moins).
De tels résultats peuvent être obtenus en remplaçant les systèmes de gestion de trafic aérien actuels - encore largement basés sur des technologies datant des années 50 - par des systèmes innovants de navigation satellitaire et de technologies digitales tant à bord des avions qu'au sol. Certains de ces systèmes sont déjà testés actuellement à travers l'Union, le programme SESAR ayant entamé sa phase de développement il y a deux ans.
Éviter les retards et la désynchronisation dans l'application de SESAR. L'étude de McKinsey&Co, présentée le 1er juillet par le directeur exécutif de la SESAR Joint Undertaking (SJU), Patrick Ky, met en avant les risques de manque à gagner si SESAR n'est pas mis en place à temps ou s'il connaît une désynchronisation dans la mise en place par les différents acteurs au sein de l'UE (entre différentes régions, ou entre les équipements au sol et à bord) d'ici 2030.
Un retard de 10 ans sur le plan de route idéal équivaudrait à une perte de 268 milliards pour le PNB, un échec en matière de création d'emplois (189 000 par rapport aux prévisions) et l'échec d'une épargne de 55 millions de tonnes de réduction de CO2.
Une désynchronisation, liée à des investissements épars à travers l'UE dans les nouveaux équipements et rendant le système inutilisable in fine, équivaudrait à une perte de 117 milliards pour le PNB, un manque à gagner de 72 000 emplois et de 35 millions de tonnes de réduction de CO2.
Par ailleurs, une course technologique est en marche pour SESAR qui doit être mis en place de façon efficace avant le concurrent américain Next Gen. L'objectif est d'éviter que ce dernier soit repris comme standard par d'autres compétiteurs mondiaux tels que l'Inde, la Chine ou le Brésil. Afin d'éviter ces scénarios, l'étude enjoint donc les institutions à doter l'UE des moyens - tant en termes financiers que de gouvernance - pour mettre en place SESAR à temps. (Cor).