Bruxelles, 01/07/2011 (Agence Europe) - Nous savons que c'est difficile et qu'il faut l'unanimité des États membres mais « les Européens ont raison de faire cette proposition » de taxation sur les transactions financières (TTF), a déclaré le commissaire européen chargé du Marché intérieur Michel Barnier, vendredi
1er juillet à quelques journalistes. « Si les Européens ne prennent pas cette initiative », qui la prendra, s'est-il interrogé, en référence aux réticences de membres du G20, tels que les États-Unis, à imposer ce type de taxation. Selon le commissaire, la TTF est « économiquement supportable pour les marchés financiers, techniquement facile à mettre en œuvre, financièrement productive et politiquement juste ». Elle est aussi « la preuve que l'on veut humaniser et réussir la mondialisation ». Soulignant l'importance du message véhiculé par cette taxe très populaire parmi les citoyens européens, M. Barnier a reconnu que les événements venus de Grèce avaient « favorisé le débat » au sein de la Commission européenne qui a inclus cette initiative dans sa proposition sur le prochain cadre financier pluriannuel (EUROPE n°10409).
Dans l'entourage du commissaire, on explique que la future taxation pourrait être modulée et toucher davantage les transactions les plus spéculatives, comme celles des « fonds spéculatifs ». Il existe bien sûr « un risque d'évaporation », mais nous pouvons réduire ce risque en adoptant les textes législatifs sur la table. Comme par exemple la proposition de règlement sur les produits dérivés qui accroîtra la transparence à travers l'enregistrement des transactions portant sur les dérivés standardisés au sein de registres ('trade repositories'). D'accord avec le Royaume-Uni, la BCE a mis en garde contre le risque de délocalisation des activités financières hors de l'UE si celle-ci fait cavalier seul sur ce dossier. (M.B.)