Bruxelles, 01/07/2011 (Agence Europe) - En coopération avec le Fonds monétaire international, les ministres des Finances de la zone euro vont décider de débloquer la 5ème tranche de 12 milliards d'euros prévue dans le plan d'aide actuel à la Grèce, ce samedi par vidéoconférence et non lors d'une réunion extraordinaire initialement convoquée pour le dimanche 3 juillet à Bruxelles. « Il n'y a qu'une décision à prendre, sur la 5ème tranche, donc il n'est plus nécessaire pour cela de convoquer les ministres à Bruxelles dimanche. On peut faire cela au téléphone dès samedi », a déclaré le porte-parole du président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker vendredi 1er juillet à l'AFP. Les ministres respecteront ainsi leur engagement de continuer à soutenir Athènes maintenant que le parlement grec a définitivement donné son feu vert aux mesures additionnelles d'austérité (28 milliards d'euros d'ici 2015) et au programme accéléré de privatisations que préconise le gouvernement de Georges Papandréou (EUROPE n°10409). Véritable bouffée d'oxygène, cette tranche de 12 milliards d'euros permettra à la Grèce d'honorer le paiement immédiat de sa dette arrivant à maturité mi-juillet et de faire face à ses dépenses de fonctionnement jusqu'à fin septembre. À cette échéance, une autre mission de la troïka (UE, BCE, FMI) fera à nouveau le point de la situation budgétaire du pays.
« Nous avons pris des décisions difficiles, des décisions patriotiques, socialement nécessaires pour sauver les salaires (...) et éviter la faillite des petites et moyennes entreprises », a indiqué M. Papandréou, vendredi 1er juillet lors de l'ouverture d'une conférence de l'Internationale socialiste qu'il préside. Selon lui, ces décisions « douloureuses » donneront le temps à son pays de « réaliser de vraies et profondes réformes ».
Participation du secteur privé. L'Eurogroupe poursuivra également les discussions relatives à un deuxième sauvetage de la Grèce, d'une enveloppe équivalente à celle du premier plan d'aide (110 milliards d'euros). Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a plaidé pour qu'une décision soit prise lors de l'Eurogroupe du lundi 11 juillet. L'urgence d'une décision définitive avant l'été apparaît un peu de mise dans la mesure où la Grèce sera financée jusqu'en septembre. Réclamée par l'Allemagne puis avalisée par le Conseil européen, l'implication du secteur privé constitue un des éléments fondamentaux de ce deuxième plan d'aide. Elle devra être 'volontaire', ne pas être considérée comme un défaut par les agences de notation financière et elle se basera sur un refinancement de la dette souveraine arrivant à maturité d'ici 2014 sur le modèle de l'initiative de Vienne (principe du 'roll over').
Les trésors nationaux et l'industrie financière (banque, assurance, fonds d'investissement) ont entamé des discussions visant à définir les modalités appropriées d'une participation du secteur privé, comme ce fut le cas lundi dernier à Rome à l'occasion de la réunion de l'Institut international de la Finance (IIF) (EUROPE n°10406). Deux options sont sur la table. Les banques françaises, les plus exposées à la dette souveraine grecque, suggèrent de réinvestir 70% des titres des 100 milliards de dette arrivant à échéance d'ici 2014, principalement sous forme d'obligations à 30 ans mais aussi à travers la constitution d'un fonds de garantie constitué d'obligations souveraines notées AAA, comme celles de la Facilité EFSF. Une autre option consisterait à refinancer sur seulement cinq ans 90% des titres de dette grecque arrivant à maturité. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a fait savoir que les banques allemandes étaient prêtes à participer à hauteur de 3,2 milliards d'euros au refinancement de la dette grecque.
Atteignant 340 milliards d'euros, l'endettement public grec a dépassé les 150% du PIB national. Dans ses prévisions de printemps, la Commission européenne avance en effet le chiffre de 157,7% pour 2011 et de 166,1% pour 2012. Les banques commerciales détiendraient 27% de titres souverains grecs, les fonds d'investissement et les fonds souverains 43%, la Banque centrale européenne 14% et le FMI 16%.
La Commission européenne a confirmé avoir reçu, vendredi, une lettre du Premier ministre grec lui demandant de préciser ses idées sur la façon d'accélérer l'absorption des fonds structurels en Grèce (EUROPE n°10405). Nous avons demandé aux États membres dans quelle mesure et dans quel délai il pourrait mettre à disposition des experts nationaux en matière d'assistance technique, a expliqué un porte-parole de l'institution européenne. Il s'agit aussi d'aider les Grecs à renforcer leur capacité à lever l'impôt, a-t-il ajouté. (M.B.)