Bruxelles, 31/05/2011 (Agence Europe) - La source de la contamination de la chaîne alimentaire par une variante particulièrement dangereuse de la bactérie E.coli entero-hémorragique (Eceh) trouvée sur des concombres espagnols n'a pas encore été identifiée, a annoncé la Commission mardi 31 mai. Cette annonce a été faite à l'heure où le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale de l'UE, réuni à Bruxelles, tentait de faire la lumière sur le dossier ; à l'heure aussi où les autorités allemandes doutaient, pour la première fois, de l'implication des concombres espagnols dans la vague d'intoxications alimentaires au bilan déjà lourd en Europe. Selon l'Allemagne, en effet, les souches de la bactérie analysée sur deux concombres espagnols prélevés dans un supermarché en Allemagne du Nord (Hambourg) différeraient de la souche à l'origine du syndrome hémolytique et urémique (SUH) chez les personnes intoxiquées. Soupçon qui, pourtant, avait déjà conduit l'Espagne à fermer deux exploitations agricoles bio en Andalousie et certains pays à imposer des embargos (la Belgique, sur les importations de concombres en provenance des distributeurs espagnols dont les produits étaient suspectés, et la Russie sur les importations de légumes suspects d'Espagne et d'Allemagne).
« Personne à ce stade n'est capable de dire quelle est la source de la contamination. La priorité est de comprendre, d'avoir une vue d'ensemble de la situation, d'identifier la source de la contamination qui menace la santé publique et d'éliminer la bactérie de la chaîne alimentaire. Des exercices de coordination sont en cours via les experts nationaux et via nos réseaux d'alerte rapide. Nous compilons ces informations et espérons tirer des conclusions lors d'un rapport demain. L'analyse des échantillons prélevés est en cours, et les résultats nous parviendront très rapidement », a déclaré à la presse Pia Ahrenkilde, porte-parole de la Commission. Selon les informations dont disposait, mardi, la Commission, le bilan de la vague d'intoxications officiellement liées à cette bactérie mortelle est à ce jour de trois décès et 327 cas en Allemagne (les autorités allemandes, elles, font état de 15 décès et 373 cas), 30 cas en Suède, 13 au Danemark, 6 cas confirmés en France, 7 aux Pays-Bas, un cas en Suisse et 3 cas présumés aux États-Unis. La porte-parole a contesté une quelconque responsabilité de la Commission dans l'incrimination des concombres espagnols. « L'information nous est parvenue via les autorités allemandes sur des concombres d'origine espagnole. Personne n'a affirmé que la source était localisée en Espagne mais seulement que la bactérie avait été trouvée sur des produits d'origine espagnole en provenance de deux exploitations citées comme l'une des possibles sources de contamination ». (A.N.)