Bruxelles, 31/05/2011 (Agence Europe) - La question du soutien scolaire privé est aujourd'hui de dimension européenne, avec plus de 50% des écoliers qui suivent des cours particuliers dans certains États membres, selon un nouveau rapport préparé par le réseau NESSE (Network of Experts in Social Sciences of Education and Training) pour le compte de la Commission européenne. Il s'agit du premier rapport qui se penche sur la question des cours particuliers dans l'ensemble de l'Union européenne.
Le soutien scolaire ne s'est pas développé de la même manière dans tous les États membres. Le sud de l'Europe enregistre un taux de soutien scolaire particulièrement élevé. Celui-ci est répandu en Grèce, qui consacre annuellement 950 millions d'euros pour le soutien scolaire privé, ce qui représente 20% des dépenses publiques totales accordées à l'enseignement primaire et secondaire. L'Espagne dépense 450 millions d'euros, l'Italie 420 millions d'euros et Chypre 111 millions. Dans les pays nordiques par contre (Suède et Finlande en particulier), le phénomène est moins répandu. L'enseignement public y est en effet considéré comme étant de bonne qualité et satisfait largement les attentes familiales. D'autres États membres voient le phénomène s'amplifier, notamment la France (2,2 milliards d'euros consacrés aux cours privés avec un taux de croissance annuel d'environ 10%), l'Allemagne (jusqu'à 1,5 milliard d'euros) et l'Autriche (126 millions d'euros). Dans les pays d'Europe de l'Est, le déclin du pouvoir d'achat des enseignants a été une raison majeure qui a conduit à l'expansion d'une éducation parallèle dans les années 1990. En Europe occidentale, il s'agit davantage de la compétition imposée par la société, la course aux résultats scolaires, la préparation intensive des examens et la pression transmise aux familles ainsi qu'aux enfants. À cela s'ajoutent encore des restrictions budgétaires qui ont réduit la capacité des établissements scolaires à fournir un soutien individuel au sein de l'école. Le rapport dénonce par ailleurs les effets pervers des cours privés qui exacerbent les inégalités sociales car généralement ce ne sont pas les enfants en difficulté qui bénéficient de cours particuliers mais plutôt les enfants en réussite scolaire. Le soutien scolaire privé peut, d'autre part, dominer la vie des enfants, limiter leurs loisirs, produisant des effets néfastes sur le plan psychologique et éducatif. (I.L.)