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Bulletin Quotidien Europe N° 10390
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

South Stream, Oettinger insiste sur l'accès aux tiers

Bruxelles, 31/05/2011 (Agence Europe) - S'il reconnaît la valeur du projet South Stream pour la diversification de l'approvisionnement en gaz de l'UE, le commissaire Oettinger rappelle que le gazoduc italo-russe sera soumis aux règles du marché intérieur.

South Stream « n'est pas notre top priorité, mais nous reconnaissons sa valeur, en particulier pour la Russie, pour la diversification des routes. Nous soutiendrons South Stream dans son processus administratif dans l'UE, et n'imposerons pas de conditions administratives ou réglementaires injustifiées. Nous agirons en tant que partenaires loyaux », a promis Günther Oettinger, lors de la présentation à Bruxelles, le 25 mai, du projet de gazoduc qui acheminera sous la mer Noire, et en contournant l'Ukraine, du gaz russe vers l'UE.

« Aujourd'hui, je suis venu pour écouter et apprendre. Pour moi, South Stream a jusqu'ici semblé plus un concept qu'un projet concret. Ce que nous savons pour le moment, c'est que South Stream délivrera du gaz venant de Russie, sous la mer Noire. Pour le reste, des questions sont en suspens. D'où le gaz viendra-t-il réellement ? Où arrivera-t-il ? Comment arrivera-t-il, par bateau ou par le pipeline? Détournera-t-il le gaz destiné à l'Ukraine ? Une fois qu'il arrivera en Europe, que se produira-t-il ? Avant tout, qui pourra fournir du gaz, seulement Gazprom ou d'autres acteurs ? Naturellement, si South Stream donne, par exemple, l'accès aux acheteurs indépendants de gaz actifs en Russie, alors South Stream répondra à deux critères essentiels: la diversification des itinéraires et des fournisseurs. Ce qui signifie une contribution plus importante aux efforts européens de diversification », a expliqué le commissaire à l'Énergie.

Et M. Oettinger de rappeler, d'une part, l'intérêt de l'UE pour une « solution trilatérale équilibrée » entre la Russie, l'Ukraine et l'UE, sur les flux futurs de gaz vers l'UE et, d'autre part, qu'en opérant en tant que canal de transmission sur le territoire de l'UE, South Stream sera soumis aux règles du marché intérieur de l'énergie, désormais définies par le 3ème paquet de libéralisation. « D'abord, South Stream devra normalement permettre à tous les expéditeurs de gaz de réserver, dans UE, une capacité du pipeline à des conditions non discriminatoires. Ensuite, les tarifs appliqués aux expéditeurs seront normalement sujets à la régulation par les régulateurs nationaux dans les pays concernés. Enfin, l'inversion des flux devra être techniquement faisable en cas d'urgence. Je comprends que certains États membres de l'UE ont conclu des accords bilatéraux avec la Russie qui peuvent partiellement contredire ces principes. Si c'est le cas, ces États devront néanmoins appliquer les règles du marché intérieur, et ils auront l'obligation de mettre leurs accords intergouvernementaux en conformité avec la législation communautaire », a prévenu le commissaire.

Piloté sur une base paritaire par les énergéticiens russe Gazprom et italien ENI, et bientôt rejoint par le Français EDF (10%) et l'Allemand Wintershall (15%), South Stream aura une capacité de 63 milliards de m3 par an. Son tronçon bulgare devrait être mis en service fin 2015, pour une opérabilité générale en 2018. South Stream traversera la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, la Serbie, la Slovénie et l'Autriche. (E.H.)

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