Bruxelles, 09/05/2011 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a confirmé vendredi 6 mai aux « journées d'études du PPE », qui ont eu lieu à Palerme, la présentation, le 24 mai par la Commission européenne d'une communication intitulée 'Partenariat pour la migration, la mobilité et la sécurité avec la Méditerranée méridionale'. Ce sera la contribution européenne à la transformation de sociétés en révolution. « Nous avons fixé trois priorités indissociables les unes des autres: aider à la transformation démocratique, promouvoir un partenariat renforcé avec la société civile et apporter notre soutien à un développement économique durable et équitable », a déclaré M. Barroso. « Nous leur avons donc proposé un partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée. Il est l'expression de notre volonté d'aller plus loin avec eux dans la mise en place de réformes politiques et économiques ambitieuses », a-t-il ajouté.
« Il revient à ces pays, à ces sociétés, de prendre leur propre destin en main et de décider de leur avenir. Mais nous aurions tort de rester indifférents aux changements en cours et aux appels de cette jeunesse, des hommes et des femmes, pour plus de liberté, de démocratie et de dignité », a souligné le président de la Commission. L'UE entend cependant les aider: « C'est, fortes de leur union, que nos démocraties aideront ces jeunes pousses démocratiques à s'enraciner et croître ».
Il a expliqué que « la mise en œuvre concrète de ce partenariat sera adaptée aux conditions spécifiques de chacun des pays et aux différents rythmes des réformes. Ce sera plus pour plus; c'est-à-dire plus de réformes pour plus de soutien ».
M. Barroso a rappelé l'effort déployé aux côtés de la Tunisie, premier pays à avoir accompli une telle révolution démocratique. Et c'est avec ce pays également que l'UE fait face au défi important de l'endiguement de flux migratoires tunisiens et en provenance de Libye. « Nous travaillons déjà avec la Tunisie sur un tel partenariat, notre objectif étant de mieux maîtriser les flux migratoires dans notre intérêt commun. Cela nous permettra de mieux gérer l'accès des travailleurs tunisiens au marché de l'emploi européen ainsi que la mobilité des citoyens tunisiens dans l'espace Schengen. Mais cet accès ne peut pas être garanti sans conditions: de son côté, la Tunisie devra assurer le contrôle effectif de ses frontières, prévenir l'immigration illégale, et coopérer dans la réadmission des migrants en situation irrégulière. Pour cela, il est aussi important que la Tunisie puisse conclure un accord sur des méthodes de travail avec Frontex qui lui apportera son expertise et son soutien. Ce sont des sujets que j'ai abordés avec le président et le Premier ministre de la Tunisie lors de ma visite à Tunis le 12 avril dernier et le dialogue est en train de se poursuivre maintenant au niveau des hauts fonctionnaires ».
Il a évoqué dans son discours l'impact produit par les révolutions arabes sur l'UE elle-même. « Les bouleversements que connaît la rive sud de la Méditerranée nous ont donc amenés à revisiter non seulement notre politique de voisinage mais aussi notre approche de l'immigration ». Il s'inscrit en faux contre l'idée que l'intégration européenne est elle-même en cause. « Il n'est pas exagéré de dire que depuis ces deux dernières années l'Union européenne traverse de fortes turbulences. Nous devons faire face à des défis inédits tant sur le front économique et financier que sur le front diplomatique. Mais ce serait une terrible erreur que de laisser croire que le problème c'est l'intégration européenne. Nous devons réfuter avec constance et exemples à l'appui tout argument allant dans ce sens. Nous ne pouvons pas laisser l'initiative aux populistes de tous bords, à tous ceux qui exploitent les craintes des citoyens pour tourner nos citoyens contre l'Europe et l'idéal du grand projet européen. Il faut donc avoir le courage politique, nous, institutions européennes - Commission, Parlement européen, Conseil - mais aussi dans les capitales de nos pays à avoir le courage politique de défendre l'Europe, d'expliquer de façon pédagogique quels sont les défis, de montrer que parfois pour des problèmes complexes il n'y a pas de solutions faciles. Et ceux qui manipulent la complexité des choses en cherchant à exploiter des sentiments primaires, ils n'ont pas raison, et ils n'auront pas la victoire. C'est pourquoi nous devons continuer à persévérer dans des politiques qui appellent à plus d'Europe et non pas moins d'Europe pour relever ensemble les défis auxquels nous sommes confrontés ». (F.B.)