Bruxelles, 09/05/2011 (Agence Europe) - À Istanbul où s'est ouverte lundi 9 mai la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (PMA IV, 9-13 mai, EUROPE n° 10355), José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a réaffirmé la solidarité de l'UE avec ces 48 pays totalisant plus de 880 millions d'habitants, dont la moitié vit dans l'extrême pauvreté avec moins d'un euro par jour. Il a aussi exprimé la détermination de l'UE à concourir au succès de cette conférence en favorisant l'adoption d'un programme d'action fondé sur « un partenariat global pour le développement qui vise à accélérer l'éradication de la pauvreté et à prendre dûment en compte les défis globaux, comme les modifications dans l'architecture de l'aide internationale ». Mais c'est à un partenariat global qu'il a appelé pour « accélérer le développement et éradiquer la pauvreté » dans ces pays, et en particulier en Afrique subsaharienne et dans les pays en situation fragile ou post-conflit, qui accusent le plus grand retard dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
« Aujourd'hui, c'est le jour de l'Europe (le 9 mai: NDLR). Et je pense qu'il est approprié de le célébrer ici à Istanbul, autour des valeurs de la solidarité globale », a déclaré M. Barroso en rappelant que l'UE - premier donateur avec 53,8 milliards d'aide publique au développement mobilisés en 2010, soit plus de la moitié de l'aide mondiale - a confirmé son engagement à porter le montant de cette aide à 0,7% de son RNB à l'horizon 2015. Pour que cette conférence soit un succès, il convient, selon lui, que la communauté internationale s'attelle à trois priorités: combattre la vulnérabilité et la fragilité des PMA et renforcer encore leur résilience aux chocs ; créer un environnement favorable au développement durable des PMA ; promouvoir la croissance économique inclusive et durable des PMA.
Le président a insisté sur la conviction qu'a l'UE de l'existence d'une interdépendance entre les progrès dans les PMA et les droits humains, l'égalité hommes/femmes, la démocratie et la bonne gouvernance ainsi que la paix et la sécurité. Pour prendre leur part dans l'effort collectif, il convient, selon lui, que les PMA s'emploient à atteindre « le développement durable, l'adaptation au changement climatique et la croissance durable et équitable ». Le secteur privé et le potentiel du commerce « comme moteur de croissance et d'emploi » ont à cet égard un rôle important à jouer, a-t-il précisé. Si l'aide au développement demeure essentielle pour aider les PMA à sortir de la pauvreté, elle ne suffit pas, a souligné M. Barroso en insistant sur l'importance que revêt la qualité et l'efficacité de l'aide, au-delà du seul volume d'aide alloué - objectifs que poursuit l'UE pour sa politique de développement post-2013. Et d'ajouter: « Le paysage du développement international se modifie. Et l'UE étudie comment renouveler sa politique de développement pour qu'elle remplisse son but au 21ème siècle. Nous voulons faire le meilleur usage des ressources rares et accroître l'impact de notre politique de développement ». (A.N.)