Bruxelles, 09/05/2011 (Agence Europe) - La France continue à faire pression pour que les sanctions européennes contre le régime syrien, adoptées vendredi 6 mai, soient étendues au président Bachar al-Assad. Vendredi, les ambassadeurs des États membres au Comité politique et de sécurité (Cops) avaient approuvé le gel des avoirs et une interdiction de visa à l'encontre de treize responsables du gouvernement syrien en épargnant toutefois le principal responsable de la répression des manifestations, Bachar al-Assad (voir EUROPE n°10373). Un groupe de pays mené par la France aurait souhaité inclure le chef de l'État syrien dans la liste des personnes sanctionnées mais d'autres délégations, l'Allemagne et l'Espagne en tête, ont défendu, avec succès, une approche plus souple. Paris salue l'approbation unanime des sanctions mais souligne qu'il doit s'agir d'une « première étape » qui doit être suivie d'autres qui n'épargnent aucun responsable. « La France est favorable à des sanctions fortes contre tous les responsables de cette politique de répression, sans exception », a ainsi déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères le 6 mai. « Nous allons travailler sans délai avec nos partenaires de l'Union à élargir ces mesures et la liste des personnes visées, y compris les plus hauts dirigeants syriens, à la lumière des développements en cours », a-t-il ajouté.
Entre-temps, le chef du groupe libéral (ADLE) au Parlement européen, Guy Verhofstadt, s'est également exprimé en faveur de sanctions qui visent directement le président syrien et sa famille. L'UE doit geler les avoirs de tous les membres de la famille Assad, leur interdire l'entrée sur le territoire de l'UE et déclarer que plus aucun membre de la famille Assad ne sera considéré à l'avenir comme étant le représentant légitime du peuple syrien, estime M. Verhofstadt. Le Parlement européen qui se réunit cette semaine en session plénière à Strasbourg doit débattre mercredi 11 mai avec Catherine Ashton de la situation en Syrie. « Le temps d'hésitation et de retardement est révolu. Nous attendons un message clair et non-équivoque de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères avant le débat de mercredi », a déclaré M. Verhofstadt. (H.B.)