Bruxelles, 09/05/2011 (Agence Europe) - Le secrétaire d'État belge à l'Immigration, Melchior Wathelet, s'est inquiété la semaine dernière dans un courrier adressé à la Commission du nombre de demandes d'asile déposées dans son pays par les ressortissants de l'ex-Yougoslavie, notamment serbes et macédoniens, qui bénéficient depuis décembre 2009 de la libéralisation des visas (pour des séjours de 90 jours), a indiqué vendredi 6 mai le porte-parole de la commissaire Cécilia Malmström, Marcin Grabiec. La Belgique se plaint de l'augmentation de ces demandes. En mars dernier, plus de 100 demandes ont été déposées par des Macédoniens et près de 200 demandes par des ressortissants serbes, une proportion environ trois fois plus élevée qu'avant l'instauration du mécanisme de libéralisation. Et la Belgique d'estimer que ces ressortissants « profitent » du système, même si elle n'accepte qu'à peine 1% de ces demandes.
En réponse aux craintes de M. Wathelet, la Commission a indiqué vendredi qu'il existait depuis janvier 2011 un mécanisme de suivi de la libéralisation des visas pour les pays des Balkans occidentaux bénéficiant de ce régime (Serbie, Macédoine, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro) et que, dans ce cadre, des experts de l'agence Frontex et des États membres se rendaient régulièrement dans ces pays, produisant ensuite des rapports. Une évaluation plus complète sur ce suivi est par ailleurs programmée pour le mois de juin, a ajouté Marcin Grabiec.
La Commission a également rappelé qu'elle avait suggéré le 4 mai dernier dans sa communication sur la migration de l'UE une future « clause de sauvegarde » afin de suspendre la libéralisation des visas pour des pays qui s'avéreraient être à l'origine d'une forte immigration illégale dans l'UE. Cette clause de sauvegarde est par ailleurs vivement encouragée par la France et les Pays-Bas. L'idée? « Pour les cas où une exemption de visa donnerait lieu à une immigration irrégulière à grande échelle ou à des abus, ou mettrait en péril la sécurité, l'Union doit disposer des moyens appropriés pour remédier rapidement à ces problèmes », écrivait la Commission. À cette fin, elle proposera « prochainement une modification du règlement sur les visas prévoyant une clause de sauvegarde qui permettrait, sous certaines conditions, la réinstauration temporaire de l'obligation de visa pour les citoyens d'un pays tiers ». (S.P.)