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Bulletin Quotidien Europe N° 10374
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/grÈce

La notation dégradée après les discussions sur une aide accrue

Bruxelles, 09/05/2011 (Agence Europe) - L'agence de notation financière Standard & Poor's a décidé, lundi 9 mai, de dégrader une nouvelle fois (de BB- à B) la notation de la dette souveraine grecque. Cette décision intervient après les discussions sur les modalités d'une nouvelle assistance à apporter à la Grèce qu'ont menées vendredi dernier les principaux créanciers européens. En cas d'allongement des maturités des prêts accordés à la Grèce, « nous pensons que les gouvernements créanciers de la zone euro rechercheraient un traitement comparable pour les créanciers commerciaux sous la forme d'une extension similaire des maturités des titres de dette et des prêts », déclare l'agence de rating dans un communiqué.

Les autorités grecques ont immédiatement dénoncé la décision de l'agence de notation américaine. « La dégradation aujourd'hui de la dette souveraine grecque par Standard and Poor's arrive à un moment où aucune évolution négative nouvelle n'a été constatée et ou aucune décision nouvelle n'a été prise depuis la dernière notation par l'agence il y a à peine plus d'un mois et, partant, n'est pas justifiée ». Les décisions des agences de rating devraient se baser sur des données objectives, des déclarations officielles et des analyses réalistes et « pas sur des rumeurs de marché et des affirmations parues dans la presse », ajoutent-elles.

Les principaux créanciers européens au chevet de la Grèce. Vendredi à Luxembourg, les ministres des Finances allemand Wolfgang Schäuble, espagnole Elena Salgado, française Christine Lagarde, italien Giulio Tremonti et luxembourgeois Jean-Claude Juncker, ainsi que le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn et le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet se sont penchés sur le cas de la Grèce en présence de son ministre des Finances Georges Papaconstantinou. Au cours de cette réunion dévoilée par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, ils ont évoqué la possibilité d'accorder une assistance accrue à Athènes. Mais ils ont une nouvelle fois catégoriquement réfuté toute restructuration de la dette grecque et a fortiori la sortie du pays de la zone euro.

« La Grèce ne sortira pas de la zone euro mais nous pensons que le pays a besoin d'un programme d'ajustement supplémentaire », a déclaré M. Juncker à l'issue de cette réunion. Selon lui, cette question devra être discutée lors de l'Eurogroupe, lundi 16 mai à Bruxelles. Les ministres des Finances de l'Eurozone sont appelés à avaliser à cette occasion le programme d'austérité ficelé pour aider le Portugal (EUROPE n°10373).

Selon le programme d'austérité qu'elle met en œuvre depuis un an en échange d'une aide financière internationale de 110 milliards d'euros sur trois ans, Athènes devrait commencer à se refinancer seule à partir de 2012. Mais les taux d'intérêt appliqués à la dette grecque sont tels (ex: 15% pour les prêts à dix ans) qu'ils excluent un retour de cet État membre en récession et criblé de dettes sur les marchés financiers. La Grèce doit pourtant rembourser 23 milliards d'euros de dette et 4,5 milliards d'intérêt avant mi-2012.

Quelles solutions ? Les leaders de l'Eurozone pourraient décider de mettre encore la main au portefeuille. Puisqu'une restructuration qui impliquerait une décote pure et simple des titres de dette grecs reste exclue à ce stade, un rééchelonnement de la dette pourrait aussi être envisagé, ainsi qu'un délai accru pour respecter les règles budgétaires européennes. Comme ils l'avaient fait en mars, les leaders de la zone euro pourraient ainsi allonger la maturité des prêts octroyés à la Grèce (EUROPE n°10335).

Pourrait aussi être envisagée une contribution du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF. En mars, l'Eurozone a décidé d'accroître à 440 milliards d'euros la capacité d'emprunt de cet outil intergouvernemental provisoire et de l'autoriser à acheter des titres de dette sur le marché primaire. La Grèce émettrait alors des titres que le fonds européen de sauvetage rachèterait directement. « Nous irons soit sur les marchés ou nous aurons recours à la récente décision du Conseil européen qui autorise le fonds européen à acheter des titres de dette grecs », a indiqué vendredi M. Papaconstantinou. Néanmoins, prévue au plus tard pour juin, la modification du statut de l'EFSF requiert un accord unanime de l'Eurozone… À ce titre, la position de la Finlande sera déterminante, ce pays étant confronté à une poussée eurosceptique.

Logiquement, les créanciers de la Grèce réclameront des contreparties en échange d'un soutien accru. Vendredi, ils auraient été rassurés sur la volonté des autorités grecques de maintenir le rythme des réformes, notamment en matière de lutte contre l'évasion fiscale. Ils auraient intimé à M. Papaconstantinou d'accélérer le programme de privatisation qui devrait rapporter 50 milliards d'euros en cinq ans. Selon le quotidien français Les Échos, l'objectif serait de lever 25 milliards d'euros d'ici 2013.

Des représentants de la Commission européenne, de la BCE et du FMI sont en Grèce cette semaine pour faire le point. Leurs conclusions sont attendues dans une dizaine de jours. Selon les chiffres certifiés par Eurostat, le déficit public et la dette publique de la Grèce par rapport au PIB national ont été en 2010 respectivement de 10,5% et de 142,8%. Atteignant 350 milliards d'euros, l'endettement grec dépassera 150% du PIB national en 2011. (M.B.)

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