Bruxelles, 18/03/2011 (Agence Europe) - « Il était grand temps pour le Conseil de sécurité de l'ONU de prendre une décision. Je suis heureux et soulagé de voir que la communauté internationale a enfin pris des mesures concrètes pour empêcher Kadhafi de tuer son propre peuple. Il n'y a plus de temps à perdre pour mettre en œuvre la zone d'exclusion aérienne », a déclaré vendredi 18 mars Jerzy Buzek, le président du Parlement européen.
La résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU intervient « à une heure très tardive », mais le groupe du PPE estime qu'elle sera « efficace pour atteindre son objectif principal, à savoir empêcher de nouveaux actes de violence en Libye », déclarent Joseph Daul et Ioannis Kasoulides, respectivement président et vice-président du PPE. Ils appellent les États membres « qui ont la capacité et la volonté », et grâce à la collaboration avec d'autres acteurs internationaux, à « agir rapidement et de manière efficace et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées de civils qui sont sous la menace d'une attaque »
Martin Schulz, le président du groupe S&D, a salué aussi cette décision de l'ONU. Les deux conditions pour une action en Libye sont réunies, note-t-il (légitimité internationale et participation de la Ligue arabe). La résolution permet une action internationale destinée à « sauver le peuple libyen de la brutalité de Kadhafi ».
La résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU « est un signal important qui favorisera le processus de réforme démocratique en Afrique du Nord. Il faut cependant veiller à ce que tout soit mis en œuvre afin d'éviter un bain de sang », selon le groupe des Verts/ALE au PE. Daniel Cohn-Bendit et Rebecca Harms estiment que cette résolution « change l'équilibre des forces et signe la fin du régime de Kadhafi ». Ils se disent surpris par l'attitude de l'Allemagne qui, comme la Russie et la Chine, s'est abstenue au moment du vote de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. « Nous regrettons, qu'une fois de plus, sur une question aussi cruciale dans le domaine de la politique étrangère, il n'y ait pas de position commune de l'UE », ajoutent-ils.
Guy Verhofstadt, le président du groupe ADLE, a aussi déploré la frilosité allemande. « Qui affaiblit la position de l'UE ». Il compte toutefois sur la réunion lundi 21 mars du Conseil Affaires étrangères pour aboutir à « un soutien unanime » des ministres européens en faveur de la résolution des Nations unies.
« David Cameron et Nicolas Sarkozy ont fait preuve d'un leadership international significatif », relève Charles Tannock, du groupe ECR (European Conservatives and Reformists). Mais il a regretté aussi l'abstention de l'Allemagne lors du vote « qui porte atteinte à la défense par l'UE des droits de l'Homme et de la démocratie dans notre voisinage du Sud ». « C'est une victoire du leadership mondial pour certains pays européens, mais un échec total de la politique étrangère européenne », conclut M. Tannock. (L.C.)