login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10340
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

L'UE renforce les sanctions et planche sur une opération en soutien de l'action humanitaire

Bruxelles, 18/03/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne a dit vouloir « examiner » les détails de l'annonce de cessez-le-feu par le régime libyen, tout en travaillant à la mise en place de sanctions renforcées et à la planification d'une éventuelle intervention militaire à but humanitaire dans le pays, a indiqué vendredi 18 mars Catherine Ashton, la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères.

Dans la foulée, les pays européens sont parvenus à un accord de principe sur de nouvelles sanctions renforcées contre onze individus, notamment des membres du gouvernement libyen de Mouammar Kadhafi, et neuf nouvelles entités libyennes. Ces sanctions - des gels d'avoirs et des interdictions de visa - devraient être adoptées formellement lundi par les ministres européens des Affaires étrangères, et complétées dans les jours suivants par un train de sanctions supplémentaires afin de se conformer pleinement à celles décidées à l'ONU. L'Italie en particulier avait exprimé ces derniers jours des réticences sur des sanctions contre les intérêts pétroliers libyens. Alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de sanctionner la société pétrolière National Oil Company (NOC). L'UE a rapidement salué le feu vert donné jeudi 17 mars par le Conseil de sécurité de l'ONU au renforcement des sanctions contre le régime libyen, à l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne (no-fly zone) et à des frappes aériennes contre l'armée de Kadhafi. Elle s'est dite prête à appliquer la résolution dans la limite de ses compétences. « L'UE est prête à mettre en œuvre cette résolution dans le cadre de son mandat et de ses compétences », ont déclaré Herman Van Rompuy et Catherine Ashton dans une déclaration vendredi 18 mars. Le Conseil européen des 24/25 mars discutera aussi de la situation en Libye.

Quelle suite donnera l'UE à cette résolution ? Le Conseil Affaires étrangères de l'UE en discutera lundi 21 mars. Vendredi en fin de journée, la situation restait floue. Tripoli a annoncé la fin de toutes les opérations militaires. La France, le Royaume-Uni et sans doute les États-Unis s'apprêtaient à lancer les premières opérations aériennes contre les troupes de Kadhafi. Une intervention militaire européenne en Libye dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) est exclue, les 27 étant clairement divisés sur cette question. La France et le Royaume-Uni plaident depuis le 11 mars pour des frappes ciblées contre l'armée de Kadhafi, alors que l'Allemagne y est hostile. Angela Merkel a souligné que si l'Allemagne s'était abstenue lors du vote de la résolution au Conseil de sécurité de l'ONU, « c'est uniquement parce que » l'Allemagne ne veut pas participer aux opérations militaires et à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. « Nous partageons sans réserve les objectifs de la résolution, et notre abstention ne doit pas être confondue avec de la neutralité », a-t-elle ajouté. « Nous restons éminemment sceptiques sur l'option d'une intervention militaire. Nous y voyons des risques et des dangers considérables », a dit le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Autriche, Hongrie et Bulgarie ne participeront pas à l'action militaire en Libye, selon des sources.

Une majorité d'États membres estiment aussi que si une intervention militaire devenait inéluctable, elle devrait alors être menée par l'OTAN ou, à défaut d'un accord au sein de l'Alliance atlantique, par une « coalition de volontaires » mais dans le cadre du mandat de l'ONU et en étroite coopération avec la Ligue arabe et l'Union africaine. Plusieurs pays européens se sont dits prêts à participer à des opérations aériennes. Outre la France et le Royaume-Uni, le Danemark et la Belgique semblaient prêts à envoyer des avions de combat F-16 pour une opération de l'OTAN. L'Italie étudiait aussi la possibilité d'y participer. L'Espagne a offert de mettre à disposition ses bases militaires à Rota et Moron et la Pologne un appui logistique. Du côté arabe, le Qatar a annoncé sa participation à la coalition internationale contre Kadhafi. Les Émirats arabes unis pourraient faire de même.

La PESC n'a pas échoué, selon Mme Ashton. Catherine Ashton refuse de voir dans l'absence de consensus des 27 sur une intervention militaire en Libye la preuve de l'échec de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Le rôle prioritaire de l'UE est d'apporter une aide humanitaire à la population civile, si nécessaire grâce à des moyens de soutien militaires, et de mettre en œuvre de fortes sanctions économiques contre le régime de Kadhafi. Si certains États membres veulent aller au-delà en prenant des mesures militaires plus poussées (en accord avec le mandat de l'ONU), ils peuvent le faire en prenant leurs « responsabilités individuelles ». « Je pense que c'est bien comme ça », a-t-elle dit.

Plusieurs options. La réflexion et le « prudent planning » en cours au Comité politique et de sécurité (COPS) et au Comité militaire de l'UE portent en ce moment sur « plusieurs options » visant à apporter un soutien militaire à des actions dans le domaine de l'aide humanitaire (évacuation, assistance aux réfugiés aux frontières, aide à la population de Benghazi, etc.), expliquent nos sources. Une autre option à l'étude est le lancement d'une mission de surveillance maritime visant à faire respecter l'embargo contre les importations d'armes en Libye. Cette option n'a pas encore le soutien nécessaire, certains États membres doutant de la capacité matérielle et logistique de l'UE à accomplir une telle mission de surveillance des voies maritimes vers la Libye (c'est plus une tâche pour l'OTAN, affirment-ils). D'autres doutent de l'efficacité même d'une telle opération dans la mesure où le trafic illégal passe surtout par les voies terrestres. Lundi, au Conseil Affaires étrangères, les ministres seront informés de l'état des travaux sur toutes ces options mais il n'est pas sûr qu'ils prendront déjà une décision sur l'une ou l'autres d'entre elles, ont expliqué vendredi des diplomates.

Forte activité diplomatique. Un sommet UE/Ligue arabe/Union africaine se tiendra ce samedi 19 mars à Paris en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Catherine Ashton y représentera l'UE. Dimanche 20 mars, une délégation de médiation de l'Union africaine, composée de plusieurs présidents de pays africains, est attendue à Tripoli en vue de nouer un dialogue entre le régime et l'opposition. (H.B./A.By./L.C.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
CALENDRIER