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Bulletin Quotidien Europe N° 10332
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/turquie

Les députés déplorent la « lenteur » des réformes

Bruxelles, 09/03/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen regrette la « lenteur » des réformes en Turquie et se dit « préoccupé » par le peu d'empressement du gouvernement et de l'opposition à œuvrer pour atteindre un consensus sur des réformes clés nécessaires pour remplir les critères d'adhésion de Copenhague. Dans une résolution adoptée mercredi 9 mars à Strasbourg, le Parlement exprime aussi sa grave préoccupation face à la détérioration de la liberté de la presse, à la censure et à l'autocensure de plus en plus pratiquée parmi les médias turcs, y compris sur Internet. D'autres droits fondamentaux, comme la liberté de réunion et d'association, sont également régulièrement bafoués, déplorent les députés. Ils saluent les progrès effectués dans la réforme du pouvoir judiciaire mais restent préoccupés par le fait que les conditions de fonctionnement des instances judiciaires turques n'ont toujours pas été améliorées pour garantir le droit à un procès équitable dans des délais raisonnables.

Le PE félicite Ankara pour le dialogue que le gouvernement entretient avec les communautés religieuses, y compris les communautés alévi, grecque, arménienne et araméenne et les autres communautés chrétiennes. Il regrette cependant que seuls des « progrès limités » aient été accomplis concernant le cadre juridique entourant le fonctionnement de ces communautés.

Les députés se félicitent de l'adoption d'une série d'amendements à la Constitution, mais soulignent qu' « une réforme constitutionnelle globale est encore nécessaire pour transformer la Turquie en une véritable démocratie ». Les députés saluent la récente conclusion des négociations sur un accord de réadmission entre l'UE et la Turquie. Une fois l'accord entré en vigueur, la Commission devrait engager « un dialogue sur les visas, en s'attachant particulièrement aux conditions d'entrée des hommes et femmes d'affaires et des étudiants ».

Protocole d'Ankara. Le PE déplore que le protocole additionnel à l'accord d'association UE/Turquie n'ait toujours pas été mis en œuvre par Ankara, « ce qui continue à peser sur le processus de négociation ». Les États membres sont appelés à enfin ouvrir les négociations sur le chapitre 'énergie'. La Turquie est encouragée à prendre les mesures nécessaires pour clore certains chapitres comme 'politique industrielle' ou 'réseaux transeuropéens'. Ankara doit aussi soutenir sans réserve les efforts de la communauté internationale pour empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires.

Adhésion/Partenariat privilégié. Le libellé et les demandes spécifiques du texte résultent d'âpres négociations entre les groupes politiques du Parlement. Lors du processus de rédaction par la commission des affaires étrangères, le groupe PPE a accepté de retirer un amendement invitant les institutions de l'UE à « étudier la possibilité » d'établir un « Partenariat privilégié » avec la Turquie, en tant qu'alternative à l'adhésion à l'UE. En échange, la commission des affaires étrangères a évité de mentionner, comme l'aurait souhaité le groupe S&D, que l' « objectif commun » de l'UE et de la Turquie est de faire en sorte que les négociations aboutissent à l'adhésion du pays. Le texte utilise la même formulation que l'an dernier, décrivant l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie en 2005 comme le « point de départ d'un processus ouvert et de longue durée ».

Débat. Lors du débat, de très nombreux députés de toutes les familles politiques ont insisté sur la nécessité d'être intransigeant sur le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en Turquie. « Surtout à un moment où la Turquie est regardée par les pays de la Méditerranée du sud et de l'Afrique du nord (en pleine mutation démocratique) comme étant une source d'inspiration », a souligné la verte française Hélène Flautre. En revanche, le fait de suspendre des chapitres de négociation pour punir la Turquie (pour la non-application du protocole d'Ankara) peut se révéler « contre-productif » car l'UE perd ainsi son principal levier pour pousser la Turquie vers des réformes démocratiques, a dit Mme Flautre. Le Britannique Richard Howitt (S&D) a lui aussi regretté que les négociations soient en ce moment étranglées et a demandé l'ouverture des chapitres 'justice et libertés fondamentales' et 'PESC'. Avec seulement trois chapitres négociables sur la table, les pourparlers d'adhésion risquent de tourner rapidement à vide, note l'Allemand Alexander Graf Lambsdorff (ADLE). Or, l'UE et la Turquie « ont besoin l'une de l'autre et ne peuvent pas se permettre de tomber à court de sujet de dialogue », a-t-il dit. (H.B.)

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