Bruxelles, 09/03/2011 (Agence Europe) - Si les événements en Libye, en Tunisie, en Égypte et dans la Péninsule d'Arabie sont inscrits à l'ordre du jour du Conseil informel des ministres des Affaires étrangères jeudi 10 mars à Bruxelles, c'est la réflexion stratégique sur la situation en Libye qui dominera cette session limitée à un déjeuner. Deux heures de discussions ne seront pas de trop pour aborder tous les aspects - politiques, humanitaires, sécuritaires - de la guerre en Libye où s'intensifient les bombardements des forces de Kadhafi sur les positions des insurgés. Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, attend des ministres une contribution au Conseil européen extraordinaire du 11 mars qui doit définir une stratégie commune de l'UE pour parer à toutes les éventualités. Les ministres des 27 auront l'occasion de débattre plus avant des options d'un « Partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée » avec les pays du voisinage méridional après le Conseil européen, lors du Gymnich (le 11 mars au soir et le samedi 12 mars à Gödöllö).
Libye: les ministres aborderont 1) la question de l'évacuation des citoyens de l'UE qui touche à sa fin et de celle des ressortissants des pays tiers à la frontière entre la Tunisie et la Libye dont le flux s'est réduit mais qui pourrait enfler à nouveau si les combats s'intensifiaient ; 2) les besoins humanitaires dont l'évaluation est en cours à Benghazi et dans d'autres villes libyennes ; 3) la situation politique et l'évolution de la situation militaire qui font actuellement l'objet de réflexions diplomatiques au Conseil de sécurité de l'ONU, au sein du Conseil de la Ligue arabe (samedi), de l'Union africaine, de l'OTAN (dans le cadre de la planification prudente) et du Conseil européen vendredi à Bruxelles. Pour l'heure, « on ne parle pas d'opération militaire mais de soutien à des opérations humanitaires d'évacuation ». Et l'hypothèse d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations civiles qui a les faveurs du Royaume-Uni et de la France, n'est pas à l'ordre du jour « car ce n'est pas l'enceinte appropriée », ont indiqué mercredi des sources européennes à la presse. Elles ont rappelé qu'il vaut mieux pour cela disposer d'une base juridique - une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Une coalition d'États volontaires est envisageable « mais on n'en est pas du tout là », ont ajouté ces sources. L'idée d'une mission d'enquête indépendante de l'ONU soutenue par 8 ambassadeurs européens à Tripoli ne semble « pas envisagée ». En revanche, l'extension des sanctions européennes à des sociétés financières ou autres liées au régime Khadafi pourrait être approuvée jeudi, à l'issue de la procédure écrite (EUROPE n° 10331).
Tunisie et Égypte: l'échange de vues portera sur le type d'appui que l'UE et la communauté internationale peuvent apporter au processus politique (révision de la constitution, élections, création de partis politiques, d'ONG, d'associations) ainsi qu'au plan économique et financier. Bahrein, Yémen, Oman: le suivi des événements dans les semaines et mois à venir mobilisera l'attention des ministres. (A.N.)