login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10332
Sommaire Publication complète Par article 23 / 36
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/roms

Des normes contraignantes pour une meilleure intégration

Bruxelles, 09/03/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, mercredi 9 mars à Strasbourg, à une majorité écrasante (576 voix pour, 32 voix contre et 60 abstentions), un rapport rédigé par Lívia Járóka (PPE, hongroise), qui appelle à lutter contre l'exclusion et la discrimination des Roms, à promouvoir leur intégration sociale, culturelle et économique, à protéger de manière accrue leurs droits fondamentaux et à mieux utiliser les fonds européens. Commission et Conseil doivent adopter une stratégie européenne d'intégration des Roms et lui donner corps pour qu'elle se décline en stratégie locale. La Commission devrait présenter sa proposition le 5 avril et le Conseil européen devrait l'adopter lors de sa réunion du 24 juin prochain.

Le rapport avait fait l'objet d'une motion alternative présentée par le groupe S&D en plénière. Par la voix d'Hannes Swoboda (S&D, autrichien), le groupe S&D avait souhaité mettre l'accent sur un point: cette stratégie ne sera un succès que s'il y a des coopérations locales fortes. Durant le débat, Hannes Swoboda a indiqué qu'il retirait la motion alternative pour permettre un accord entre les groupes politiques étant donné l'immense travail effectué par Lívia Járóka. Il a simplement réitéré le souhait de son groupe d'avoir une stratégie européenne « très forte » au niveau local.

À l'issue du vote, Lívia Járóka a fait part à la presse de la nécessité d'avoir un cadre juridique pour défendre les droits des Roms. Le Parlement a défini ses priorités, sur lesquelles il y a consensus. Le PE réclame un plan d'action de l'UE dans ce domaine, souhaite une mobilisation des fonds européens et propose d'adopter une charte de gestion de la crise pour savoir où se concentrent les populations Roms. En effet, a noté Mme Járóka, l'essentiel des Roms résident dans les pays les plus pauvres de l'UE. Cela dit, il faut constater que cette stratégie de l'UE n'atteint pas toutes les populations Roms dans les régions où ils sont les moins représentés. Le Parlement insiste par ailleurs sur une approche non ethnique, mais bien sur une approche socio-économico-sociale, qui s'avère être la plus prometteuse.

Comme mesures concrètes, Lívia Járóka a mis en exergue l'accès à l'éducation, une priorité tant pour les populations Roms que pour les autres populations. Elle a estimé important de favoriser la cohésion au sein des Roms. Lívia Járóka a fait part de « pronostics sombres » en ce qui concerne l'insertion des Roms dans le marché du travail. Des sommes « astronomiques » sont avancées, a indiqué la députée européenne citant certains chiffres (fondés sur des études analysant entre autres la non-inclusion des Roms et les coûts de la formation): « Il faut 19 millions de forints pour intégrer les Roms, 75 millions si on ne les intègre pas. Chacun a droit à une formation solide en Europe », a ajouté la représentante des Roms au PE.

Par ailleurs, il faut contrôler l'utilisation des fonds européens pour que les montants arrivent effectivement aux destinataires. Un nouveau cadre institutionnel est nécessaire dans ce domaine et dix propositions concrètes ont été faites, a noté Lívia Járóka. Notre point de départ, ce sont les communes, les municipalités qui sont appelées à engager les frais. Nous partons donc des plus petites communes jusqu'au niveau supérieur. La Commission européenne devrait, de son côté, appuyer les États membres dans leur politique d'insertion et contrôler l'exécution de ces programmes afin que les États membres puissent se doter de plans nationaux en temps voulu. Elle devrait également veiller au respect des règles par les États membres eux-mêmes.

Les médias jouent également un rôle très important. Il faut des contrôles à un niveau plus élevé mais le travail se fait sur le terrain, au niveau local, des communes et des municipalités. Les sanctions sont utiles, nécessaires et doivent être efficaces. Il faut prendre langue avec les ONG pour travailler sur le terrain. La consultation doit être permanente et continue, a commenté Lívia Járóka.

Une meilleure utilisation des fonds. Le Parlement exhorte à créer des organes de l'UE sous la supervision de l'actuelle task force Roms en vue d'assurer l'appui financier de l'UE aux initiatives locales pertinentes et d'identifier et de dénoncer en temps utile toute utilisation abusive des fonds. En outre, le champ d'application du financement devrait être étendu pour financer aussi des projets visant à améliorer les services publics. Enfin, un financement spécifique devrait être alloué à la politique de cohésion pour soutenir la stratégie. « L'argent est là, les fonds structurels peuvent tous être utilisés », a conclu Lívia Járóka en ajoutant qu'« il faudrait aussi prévoir une réserve dans le budget 2013 ».

Pour le rapport de Lívia Járóka, voir EUROPE n° 10316. (G.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES