Bruxelles, 09/03/2011 (Agence Europe) - Le réseau Eurydice a publié une étude analysant la manière dont les États membres organisent, dans la pratique, l'éducation formelle des adultes. L'importance de l'apprentissage tout au long de la vie est reconnue depuis longtemps par les ministres de l'éducation européens, convaincus de sa contribution essentielle à la compétitivité de l'Union européenne, à l'employabilité et à l'inclusion sociale. Le rapport d'Eurydice présente la situation suite au Plan d'action sur l'éducation et la formation des adultes de la Commission européenne de 2007 mis en place dans le cadre de sa communication « Il n'est jamais trop tard pour apprendre » (EUROPE n° 9155). Plus précisément, il se penche sur les objectifs du Plan d'action visant à augmenter les possibilités pour les adultes de parfaire et de mettre à jour leurs niveaux de qualifications et vise, en particulier, les possibilités d'apprentissage formel pour les travailleurs peu qualifiés et les mesures permettant aux adultes de reprendre des études supérieures. Voici les conclusions générales:
Défis très différents dans les États membres: en 2009, environ 76 millions d'adultes dans l'Union européenne n'avaient pas atteint le niveau d'enseignement secondaire supérieur, considéré comme le niveau minimal pour un accès fructueux au marché du travail et pour une employabilité continue. Parmi eux, 23 millions n'avaient pas fait d'étude au-delà de l'enseignement primaire. Certains pays n'ont qu'une petite minorité d'adultes qui n'ont pas achevé l'enseignement secondaire inférieur ou supérieur, alors que d'autres ont une proportion importante de gens peu qualifiés.
Les adultes moins qualifiés sont les plus réticents à poursuivre une formation: ceci peut s'expliquer par les barrières structurelles des systèmes éducatifs formels. Dans de nombreux pays, les adultes qui n'ont pas terminé l'enseignement primaire ou secondaire inférieur n'ont que des possibilités très limitées de progresser au sein du système formel vers des niveaux de qualification plus élevés. La législation de certains pays tente de remédier au problème en demandant aux autorités locales de prévoir des procédures d'admission flexibles pour accéder à l'enseignement secondaire supérieur.
La flexibilité de l'offre augmente les possibilités d'obtenir des qualifications formelles: certains pays proposent des programmes formels d'éducation ou de formation sous forme de modules ou d'unités, permettant aux individus d'établir leur propre parcours d'apprentissage. D'autres pays permettent de passer des examens avec, à la clé, un certificat et des qualifications formelles, sans rendre obligatoire au préalable la participation à des programmes d'éducation et de formation. Quelques pays apparaissent comme des investisseurs importants dans l'enseignement ouvert et à distance.
Réponses variables des systèmes d'enseignement supérieur face aux besoins des adultes qui retournent dans l'enseignement: seuls quelques pays européens ont défini des objectifs politiques clairs quant à la participation d'étudiants adultes dans l'enseignement supérieur. Néanmoins, de nombreux pays ont mis en place des mesures bien adaptées aux besoins des candidats comme la validation de l'apprentissage non formel ou informel (y compris l'expérience professionnelle acquise) ou des programmes préparatoires spécifiques. Quelques pays ont mis en place des actions et des mesures politiques afin de satisfaire les besoins des étudiants qui ne peuvent pas suivre des études supérieures à temps plein.
Mesures financières pour soutenir l'éducation et la formation formelles: en Europe, une aide financière directe aux apprenants est principalement destinée aux chômeurs et à ceux qui sont susceptibles d'être exclus du marché du travail. Peu d'informations filtrent toutefois sur l'aide réelle des pouvoirs publics aux adultes moins qualifiés, pour que ceux-ci puissent avoir suffisamment accès à des offres d'éducation ou de formation adaptées. Dans le domaine de l'enseignement supérieur, certains pays financent de la même manière les programmes traditionnels à temps plein et les programmes flexibles. Dans d'autres, une méthode de financement différente s'applique à chaque type d'études. (I.L.)