Bruxelles, 04/03/2011 (Agence Europe) - Plus de 5 000 professionnels européens du cinéma d'animation, réunis jeudi 3 mars à Lyon au forum européen Cartoon Movie, ont signé une pétition (http://www.cartoon-media.eu/petition/petition-fr.php ) demandant à la Commission européenne de ne pas toucher à MEDIA, son programme de soutien au cinéma. Parmi les signataires figurent notamment Nick Park, père de la célèbre série 'Wallace et Gromit' et le cinéaste Patrice Leconte. Le monde de l'animation rejoint ainsi la grogne des réalisateurs (EUROPE n° 10322).
En vingt ans, plus de 6000 heures d'animation pour la télévision et de 150 longs métrages d'animation ont été produits au sein de l'Union, pour un total d'investissements représentant plus de 3 milliards d'euros, accompagnés de la création de plus de 10 000 emplois, lit-on dans la lettre envoyée à José Manuel Barroso, pour expliquer la pétition.
La Commission européenne envisage de mettre fin au programme MEDIA tel qu'il existe, ce qui aurait impact très négatif sur toute l'industrie audiovisuelle européenne, qui bénéficie de nombreuses aides liées à ce programme.
« La profession réagit très fortement pour qu'il soit maintenu en l'état », a déclaré à l'AFP Marc Vandeweyer, le directeur du forum de l'animation européenne, Cartoon Movie. « Nous devons agir rapidement puisque la Commission prendra sa décision en mars », précise la pétition.
Selon le directeur de Cartoon Movie, la Commission européenne pourrait, pour des « questions d'économie », « arrêter » le programme MEDIA ou le « fondre » dans un autre programme « plus global », remettant en cause « dramatiquement » le financement de l'animation en Europe. Cette pétition s'ajoute à celles signées par plus d'une centaine d'éminents réalisateurs européens, courant février, dont Ken Loach, Wim Wenders et Costa Gavras. Les Centres nationaux du cinéma d'une quinzaine de pays notamment se sont également joints à la protestation.
Pour rappel, MEDIA, doté d'une enveloppe de 755 millions d'euros (2007-2013), soutient le développement et la distribution de milliers de films aussi bien dans des activités de formation, des festivals et des projets de promotion à travers le continent. Par exemple, dans le cadre du soutien au développement, plus de 2 000 projets ont fait l'objet d'un soutien depuis 2007, tous genres (fictions, documentaires, animations, œuvres interactives) et tous supports confondus (cinéma, télé, Internet). (L.C.)