Bruxelles, 04/03/2011 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Europe prépare actuellement des lignes directrices afin d'aider les pays de l'Europe qui seraient confrontés à des arrivées nombreuses de migrants en provenance de Libye, d'Égypte ou de Tunisie. Elles aideraient les pays notamment à accueillir ces personnes dans le respect des droits de l'Homme, a expliqué, vendredi 4 mars, Thorbjørn Jagland, secrétaire général du Conseil de l'Europe à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères.
Cette rencontre visait surtout à faire un état des lieux de la réponse européenne à la crise libyenne ainsi que sur les processus de transition en Tunisie et en Égypte. M. Jagland est venu rappeler la valeur ajoutée d'une bonne coopération avec l'UE face à ces nouveaux défis ainsi que la nécessaire coopération internationale, en particulier en ce qui concerne la Libye. Sur la Tunisie, M. Jagland a insisté sur l'assistance à apporter à la préparation de nouvelles élections ou à une nouvelle constitution mais a mis en garde contre toute élection précoce tant qu'aucune nouvelle loi électorale n'aura été adoptée. Le secrétaire général a évoqué l'inquiétude de l'opposition en Tunisie ou bien en Égypte craignant que des élections précipitées n'aboutissent à un processus injuste et qui ne soit pas ouvert à tout le monde. Des craintes « qu'il faut écouter avec attention », a dit M. Jagland. Il a mis en garde contre toute tentation d'imposer un modèle « de l'extérieur » à cette région.
Quant à la Libye, l'urgence est d'abord de venir en aide aux réfugiés et d'endiguer la crise humanitaire puis de s'attaquer aux actes du colonel Kadhafi. S'exprimant sur les actions militaires envisagées, le secrétaire ne s'est pas prononcé sur le bien-fondé d'une 'no-fly zone' mais estimé que c'était « une mauvaise idée d'envahir » le pays.
En ce qui concerne l'immigration potentielle en provenance de la région, M. Jagland a précisé qu'à côté des lignes directrices un soutien financier pouvait être apporté aux pays en première ligne. Mais M. Jagland a encore appelé l'importance pour les pays concernés de bien veiller au respect des droits de l'Homme, le secrétaire général plaidant pour une analyse « individuelle » de la situation des migrants et « pas en groupe ». (S.P.)