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Bulletin Quotidien Europe N° 10296
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/prÉsidence belge

De bonnes notes presque partout

Bruxelles, 18/01/2011 (Agence Europe) - Des difficultés de politique intérieure ne font pas forcément une mauvaise présidence du Conseil de l'Union: la présidence belge en est la preuve (voir aussi « Au-delà de l'information » dans notre bulletin n° 10283). C'est le Premier ministre en affaires courantes Yves Leterme en personne qui a entendu au Parlement européen les louanges adressées à ses efficaces collaborateurs, qui ont bien perçu, au cours du deuxième semestre 2010, la priorité que représente l'Europe dans l'agenda de leur gouvernement.

Pendant ces six mois, nous avons tout fait pour permettre aux institutions de fonctionner le mieux possible dans l'après-Lisbonne, a affirmé d'emblée Yves Leterme, qui, tout en évoquant les succès des six derniers mois (entre autres, près de quarante accords de nature législative conclus entre Parlement et Conseil), a choisi de tenir un discours tourné vers l'avenir plutôt que vers le passé. M. Leterme identifie les principaux défis: - gouvernance économique. La crise de l'eurozone a été évitée, mais il faut plus: davantage d' « unité économique », une plus grande cohérence économique, fiscale et sociale, une discipline budgétaire « contrôlable ». Des finances saines sont « une nécessité absolue », ainsi que la mise en œuvre efficace des instruments de contrôle qui ont été instaurés ; - perspectives financières. Il faut en parler, sans esquiver le débat sur le long terme ; « c'est une promesse que nous avons faite au Parlement », a rappelé M. Leterme ; - rôle de l'Union dans le monde. Il faut à la fois maintenir l'élan et consolider sur la base des décisions qui ont été prises, notamment en ce qui concerne le SEAE. Mais, conclut Yves Leterme, il faut surtout que l'Europe croie en elle-même. « L'Europe a besoin d'une âme », a-t-il martelé, en s'adressant aux jeunes qui n'ont pas connu la guerre mais qui voient quotidiennement que la paix ne règne pas dans le monde et en plaidant pour une Europe où chacun pourra « vivre debout ». Jean Monnet disait que « rien ne peut se faire sans les citoyens mais rien ne peut durer sans les institutions », des institutions qui doivent, affirme M. Leterme, être soutenues « par des gens de conviction ».

Efficacité, concentration, pragmatisme et esprit communautaire: ces caractéristiques ont assuré le succès d'une « grande et belle présidence ». Avec ces mots, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rendu hommage au travail de « balisage » effectué par la présidence belge en prévision de la mise en vigueur de réformes qui « ne sont pas une option, mais un impératif ». Sans renforcement de la gouvernance économique nous serons tous perdants, a mis en garde M. Barroso: pour l'Union, il a tenu à rappeler l'importance pour les citoyens de l'accord sur l'eurovignette. Il appartient maintenant à la Hongrie de suivre sans hésiter sur cette lancée

C'est un ancien Premier ministre belge, Jean-Luc Dehaene, qui a ouvert au nom du PPE la salve de louanges à la présidence de son pays: elle a été à la hauteur des défis, notamment grâce au choix qu'elle a fait de ne pas subordonner les priorités européennes aux priorités nationales. Le vice-président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, a souligné la claire orientation de la présidence belge, en souhaitant que M. Orban « prenne un peu l'exemple » sur son prédécesseur. Un autre ancien Premier ministre belge, le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, a salué le travail de tous ceux qui ont œuvré au « succès inattendu » d'une présidence qui a été, en quelque sorte, « pour la première fois, un véritable gouvernement européen ». M. Verhofstadt s'est félicité en particulier de la « percée » en ce qui concerne le brevet, en souhaitant que le Parlement donne enfin son feu vert à un brevet européen. « Les mécaniciens politiques belges sont meilleurs hors de leur enceinte qu'à domicile, a constaté au nom des Verts/ALE la Belge Isabelle Durant, en demandant à la Belgique de rester active dans la recherche d'un accord en ce qui concerne les ressources propres et la mise en place d'une « circonscription européenne », qui pourrait en effet contribuer au supplément d'âme souhaité par Yves Leterme. La présidence belge a « fonctionné de façon parfaitement européenne », a constaté à son tour, pour le groupe EFD, la Grecque Niki Tzavela.

La Belgique est « une Europe en miniature », mais ce n'est pas un compliment de la part du Belge Derk Jan Eppink (groupe CRE), qui, contrairement à tous ceux qui l'avaient précédé, a choisi de tenir un discours belgo-belge, en demandant que la question de « la fin du système belge » soit posée. Les critiques du côté de la GUE/NGL sont d'une nature plus concrète: le Français Patrick Le Hyaric déplore l'inaction en ce qui concerne la défense des services d'intérêt général et la lutte contre la pauvreté et regrette que l'on ait refusé un débat sur la création d'un fonds de développement social et environnemental alimenté par la taxation sur les capitaux. Sa compatriote socialiste Pervenche Berès n'est pas de son avis: le rôle des services publics au cœur du modèle social européen a été renforcé pendant le semestre belge, selon la présidente de la commission de l'emploi et des affaires sociales. (L.G.)

 

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