Strasbourg, 18/01/2011 (Agence Europe) - Après l'Azerbaïdjan jeudi, José Manuel Barroso a obtenu samedi la confirmation du soutien du Turkménistan aux projets paneuropéens de Corridor gazier Sud et de gazoduc Nabucco. Mais, si l'engagement de Bakou repose sur un accord gazier de long terme avec l'UE, celui d'Achgabat reste pour le moment au stade de la déclaration d'intention.
Lors de la visite à Achgabat du président de la Commission européenne, les 14 et 15 janvier, le Turkménistan s'est dit prêt, par la voix de son président Gourbangouly Berdymoukhamedov, à approvisionner l'Europe en gaz. « Nous sommes prêts à travailler activement sur le projet européen. Nous avons pour cela toutes les conditions nécessaires et de nombreux moyens de livraison. Le plus attirant d'un point de vue commercial, financier et de celui des infrastructures est celui de la construction d'un gazoduc au fond de la Caspienne », a déclaré le président turkmène à l'issue de son entrevue avec M. Barroso. En omettant néanmoins que les pays riverains de la mer Caspienne riche en hydrocarbures ne sont pas d'accord sur leurs frontières maritimes, ni sur l'impact écologique d'un gazoduc sous-marin. « Notre partenariat avec l'UE dans la sphère du gaz est une priorité. Les aspects techniques, commerciaux et financiers liés à la réalisation de ce projet doivent être étudiés en profondeur au niveau des experts. Les résultats de ce travail seront renforcés à l'avenir par des accords et des contrats », a ajouté M. Berdymoukhamedov. « Nous sommes prêts à acheter du gaz turkmène. Nous avons parlé concrètement du gazoduc transcaspien et nous nous félicitons des déclarations de M. Berdymoukhamedov sur sa volonté de le construire. Ce gazoduc est important pour l'approvisionnement de l'Europe en gaz. Nous pouvons proposer au Turkménistan un marché prévisible, de grandes compagnies, des investissements et de hautes technologies », s'est pour sa part félicité M. Barroso, assurant également le Turkménistan du soutien de l'UE pour son adhésion à l'OMC. Adhésion qui, a-t-il fait valoir, « exercera une influence positive sur le développement économique du pays et sur son attractivité pour les investisseurs ».
Très convoité pour ses richesses énergétiques, le Turkménistan cherche à diversifier ses voies d'exportation de gaz encore très dépendantes de la Russie. L'ex-république d'URSS disposerait des quatrièmes réserves gazières du monde, évaluées par ses autorités à plus de 20 trillions de m3. Le Turkménistan prévoit de tripler sa production actuelle de 70 millions à 230 millions de m3 par an, dont 180 millions de m3 seraient destinées à l'exportation. En novembre, les autorités turkmènes ont laissé entendre que leur pays pourrait fournir 40 millions de m3 par an à l'UE. Un volume qui se révélerait suffisant à lui seul pour alimenter le gazoduc Nabucco, dont la capacité annuelle doit atteindre 31 milliards de m3. Mais l'engagement du Turkménistan, qui n'a cessé de souffler le chaud et le froid ces derniers mois sur son implication dans le projet paneuropéen, doit désormais être inscrit dans le marbre, via un accord de coopération avec l'UE. (E.H.)