Strasbourg, 18/01/2011 (Agence Europe) - L'annonce de l'exclusion tardive de Zine El Abidine Ben Ali et de son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), de l'Internationale socialiste alimente un peu plus la polémique sur les soutiens dont bénéficiait le président tunisien déchu au Parlement européen.
Le chef de groupe socialiste et démocrate (S&D) au Parlement a jeté un pavé dans la mare en confirmant, en marge de la session plénière du Parlement européen mardi 18 janvier à Strasbourg, l'exclusion, la veille, du RCD de l'Internationale socialiste, dont il était membre depuis les années 1970. « Une décision a été prise (...) de faire cesser l'adhésion du RCD de Tunisie. Cette décision, dans des circonstances exceptionnelles, est conforme aux valeurs et principes qui définissent notre mouvement et à notre position sur les développements dans ce pays », précise l'Internationale socialiste sur son site Internet.
Officiellement affilié à gauche, le RCD tunisien n'avait pas de relation exclusive avec l'Internationale socialiste, mais était aussi reconnu à la droite de l'échiquier politique au Parlement. Le parti de M. Ben Ali avait ainsi signé, en juin 2009, un accord de coopération euro-méditerranéenne avec le Parti populaire européen (PPE), formation qui rassemble les partis conservateurs européens. Cet accord prévoyait un cadre pour les discussions politiques sur des projets comme l'Union pour la Méditerranée, a expliqué mardi l'Italien Mario Mauro.
Cohn-Bendit dénonce l'immobilisme au Parlement. N'ayant pas obtenu le vote dès cette semaine d'une résolution du Parlement sur la situation en Tunisie, le co-président du groupe des Verts s'est insurgé mardi contre l'absence de réaction de ses pairs. « Hier, j'avais honte d'être membre du Parlement, honte d'une assemblée incapable de réagir à une situation extraordinaire. On vit quelque chose d'impensable, un mouvement laïque de liberté qui décompose en quelques semaines une dictature », a commenté M. Cohn-Bendit devant la presse, fustigeant le refus des groupes PPE et S&D de débattre sur la Tunisie ces derniers mois. (E.H.)