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Bulletin Quotidien Europe N° 10296
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/agriculture

Une PAC forte pour assurer la sécurité alimentaire

Bruxelles, 18/01/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a demandé, mardi 18 janvier à Strasbourg, de préserver à l'avenir une politique agricole commune (PAC) forte pour « répondre à l'enjeu de la sécurité alimentaire ». En adoptant le rapport de Daciana Octavia Sârbu (S&D, roumaine) sur la reconnaissance de l'agriculture comme secteur stratégique dans le cadre de la sécurité alimentaire, le PE a aussi invité la Commission européenne à « instaurer des mesures permanentes et vigoureuses pour s'attaquer à la volatilité des marchés agricoles de toute urgence ». Il se montre favorable à « une action européenne plus hardie pour lutter contre le problème de la spéculation, notamment en donnant aux autorités de régulation et de surveillance la mission de limiter la spéculation ». Les parlementaires jugent qu'un système mondial et ciblé de stocks alimentaires serait utile.

Le PE n'a pas adopté d'amendements au projet de rapport (voir le résumé détaillé dans EUROPE
N° 10289), mais il en a seulement biffé certains paragraphes. Ainsi, il a supprimé la phrase selon laquelle le PE « réaffirme son soutien au programme en faveur des personnes les plus démunies dans l'Union européenne ». Ceci à cause des réserves de plusieurs pays (dont Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark et Suède) qui estiment que la distribution de denrées alimentaires aux personnes pauvres relève des politiques sociales nationales, et pas de la PAC. Dans le domaine des mesures pour atténuer les effets négatifs de la spéculation sur les marchés, le PE soutient une révision de la législation actuelle sur les instruments financiers, pour renforcer la transparence des échanges, mais a supprimé le paragraphe du rapport initial préconisant de prévoir aussi « des seuils minimums pour les opérateurs admis à intervenir sur ces marchés ». Une phrase assez controversée a passé tout juste l'épreuve du vote en plénière, indiquant que « jusqu'à 50 % des denrées alimentaires produites dans l'Union européenne d'un bout à l'autre de la chaîne de production, d'approvisionnement et de consommation alimentaire se perdent en gaspillage ».

Lors du débat de la veille, le rapporteur Daciana Octavia Sârbu a dit que l'Europe est loin d'être à l'abri de problèmes en matière de sécurité alimentaire. Selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la production alimentaire doit augmenter d'au moins 70 % pour pouvoir répondre à l'accroissement des besoins de la population mondiale, qui devrait dépasser 9 milliards d'habitants à l'horizon 2050. Et le rapporteur d'affirmer que la sécurité alimentaire continue de passer par une politique agricole commune (PAC) forte. L'objectif de la sécurité alimentaire ne pourra être atteint sans résoudre deux des plus importantes questions qui se posent actuellement: la volatilité des marchés et des prix (fortement influencée par les spéculations sur les marchés des matières premières) et la diminution des stocks alimentaires, a ajouté Daciana Octavia Sârbu. S'agissant de la volatilité, le rapporteur préconise notamment la mise en place dans la nouvelle PAC de l'après 2013 de nouveaux instruments pour lutter contre l'extrême volatilité des prix.

Les réserves alimentaires mondiales ont atteint un niveau historiquement bas équivalent à douze semaines lors de la crise alimentaire de 2007. C'est pourquoi le rapporteur estime qu'un « système mondial de sécurité des stocks alimentaires serait utile ». Enfin, il faut s'occuper davantage des jeunes agriculteurs, a conseillé Daciana Octavia Sârbu. Dans l'UE, seuls 7 % des agriculteurs ont moins de 40 ans et, d'ici 10 ans, 4,5 millions partiront à la retraite. Il est donc vital, selon le PE, d'encourager les jeunes à entrer dans le secteur agricole en mettant en place de nouveaux programmes et en améliorant l'accès au crédit.

Au nom de la Commission européenne, la commissaire Kristalina Georgieva a dit qu'on critique volontiers la PAC alors qu'elle permet de mettre à disposition des aliments à des prix « supportables, il faut qu'il en reste ainsi ». « Il faut s'attaquer à cette volatilité des prix, nous devons avoir des règles plus efficaces pour réglementer les marchés, et il faut gommer les disparités sur les marchés ». Elle a admis que ce ne sera pas facile de mettre en place un système de stocks alimentaires mondiaux. « Il faudra revenir sur ce sujet en tenant compte des expériences de la facilité alimentaire de l'UE créée en 2008 et travailler dans ce domaine en étroite collaboration avec la FAO », a dit la commissaire. Le G20 évoquera ces sujets et la Commission entend jouer un rôle actif dans ce débat, a conclu Mme Georgieva. (L.C.)

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