Strasbourg, 17/01/2011 (Agence Europe) - « La Révolution de Jasmin se poursuit. C'est une occasion historique. Je salue la détermination et le courage de la population tunisienne », s'est félicité en ouverture de la session plénière à Strasbourg, lundi 17 janvier, le président du PE. « Nous souhaitons que la transition en Tunisie vers un État de droit se fasse de manière pacifique. Nous souhaitons des élections parlementaires et présidentielle libres et équitables », a insisté Jerzy Buzek, appelant à ce que le partenariat entre les 27 et leur partenaire en Afrique du Nord « serve avant tout les populations » en Europe comme en Tunisie.
Quant aux présidents des groupes politiques, ils sont d'accord sur une exigence: le désir de démocratie du peuple tunisien doit trouver une réponse positive auprès de l'UE. L'Espagnol José Salafranca Sanchez a fait part de la position du PPE, plaidant pour la prudence: le vide politique risque d'attirer les extrémistes, l'UE doit donc tout mettre en œuvre pour que le processus de transition ne déraille pas. C'est une nouvelle vision de la politique vis-à-vis des pays de la rive sud de la Méditerranée que réclame l'Italien Pierantonio Panzeri, pour le groupe S&D, en dénonçant au passage l'échec d'une Union pour la Méditerranée qui ne reste que « pure façade ». « La rue a parlé, pour la démocratie et contre la corruption », a constaté, pour le groupe ADLE, la Néerlandaise Marietje Schaake. L'Allemand Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts/ALE, n'a pas obtenu le vote d'une résolution: « La situation va être tendue en Tunisie, il faut agir maintenant », sur la base d'un texte à adopter sans tarder, a-t-il martelé. « Le dictateur est tombé, mais la structure de la dictature existe encore », et les gouvernements européens l'ont défendue pendant des années, déplore M. Cohn-Bendit. Pour le groupe CRE, le Britannique Charles Tannock a tenu à souligner les progrès qui ont été réalisés dans la société tunisienne, tout en insistant sur la nécessité de réformes réelles. Mon groupe dénonce depuis toujours les dérives du régime tunisien, a fait remarquer la Française Marie-Christine Vergiat, en invitant les institutions européennes à aller au-delà de «timides communiqués » qui demandent tout simplement de la retenue dans la répression. (L.G./E.H.)